ACTE QUATRIÈME
Ma main qui s'est laissé toucher par un bellâtre! Et c'était mon témoin! Non, l'histoire est folâtre. Bête brute! A dîner, qu'on me serve du foin. Avoir été blessé par mon propre témoin! Triste !
JACINTHA, à part.
Essayons de l'autre.
Elle revient à Minotoro.
Eh bien?
MINOTORO.
Ombre et tonnerre
JACINTHA, 5 elle-même.
Ça va tout seul.
A Minotoro.
Mino! toi si doux d'ordinaire!
Mon petit Min! Les jours de fête sont si courts! Le travail reprendra demain son triste cours ; Sois bon; le temps est beau, ne nous fais pas d'orage; Sois gracieux un jour; une risette!
MINOTORO.
0 rage!
JACINTHA
Mais enfin qu'avez-vous? Depuis avant-hier soir Vous froncez des sourcils horribles sans vouloir Même dire pourquoi. Grif montre sa blessure, Lui. Montrez-nous la vôtre, au moins!
MINOTORO.
Êtes-vous sûre De l'ignorer?
JACINTIIA.
Quels yeux méchants! Allons, riez.
Vous brandissez toujours ce bouquet; vous feriez Bien mieux de me l'offrir.
MINOTOUO, terrible.
En auriez-vous envie?
Elle recule effrayée. U la poursuit de son bouquet.
Osez donc me le dire, et ma rage assouvie Vous en remercîra.
JACI.NTHA, à Grif.
Qu'est-ce qu'il a?
GRIF, regardant sa main blessée.
Manchot !
JACINTHA
Si c'est un jeu, j'en sais de plus drôles. — J'ai chaud Et très soif.
MINOTORO.
Et moi donc !
JACINTHA
En ce cas, venez boire.
MINOTORO.
C'est ce que je viens faire.
JACIPi TUA.
Ici?
J'aime à le croire.
Chacun selon son goût va se rafraîchissant. Ce n'est pas d'un sorbet que j'ai soif, c'est de sang!