‹ Théatre complet (volume 2)Chapitre 59 sur 163 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

GRIF.

Il n'a pas dit son nom au portier?

Il veut vivre.

GRIF.

Le portier est stupide, il aurait dû le suivre.

MINOTORO.

Et laisser la maison ouverte à qui viendrait?

GRIF, montrant Jacinlha.

La consulter serait stérile ; elle feindrait D'ignorer.

MIJ.0T0R0.

Elle ignore !

GRIF.

As- tu fouillé cette herbe

MINOTORO.

Je le crois!

GRIF.

Quelquefois, en dénouant la gerbe, On trouve, adroitement cachée aux yeux jaloux, Cette terrible fleur qu^ils nomment billet doux.

MINOTORO.

J'ai visité ce foin brin à brin ! — Quel peut être Cet infâme?

Donnant un coup de poing au bouquet.

Tiens, toi!

Pour sauter sur ton traître

108 TRAGALDABAS

Si tu le rencontrais un jour dans ton quartier, Tu te l'es certes fait peindre par le portier ?

MINOTORO.

11 me Ta peint très laid, ridicule de pose

En tendant ses bouquets, grotesque, mais je n'ose

Croire que le gredin ressemble à ce portrait.

Pour avoir espéré qu'il me supplanterait,

Il faut qu'il soit très beau.

GRIF.

Ce n'est pas nécessaire.

MINOTORO.

Quel est ce scélérat? — Voici des fleurs de serre. Un semblable bouquet coûte plus d'un denier. C'est un millionnaire.

GRIF.

Ou bien un jardinier.

MINOTORO.

J'en rirais bien ! Mais non, c'est un marquis. Pénètre Mon idée, et tu vas m'aider à le connaître. Ses trois... M'écoutes-tu ?

GRIF.

Longtemps.

Ses trois essais D'ascension chez elle et ses trois insuccès Ont dit suffisamment même à cet imbécile Qu'aborder Jacintha chez elle est difficile ;

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