‹ Théatre complet (volume 2)Chapitre 92 sur 163 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

G RI F

Non. Tu n'en mangeras qu'en public, — une touffe Au plus dans ta journée.

TRAGALDABAS

Ah ! que la soif t'étouffe !

Jamais I

Tu t'y feras. On s'accoutume à tout.

TRAGALDABAS

Jamais! ciel!

DON ELISEO.

Il te manque une oreille : du coup Tu vas en ravoir deux !

TRAGALDABAS

Et deux fières ! Je signe.

Écarlate paye Grif.

DO S A CAPRIN A, donnant son collier à Tragaldabas.

Prends.

Sur un geste d'Écarlate, deux saltimbanques apportent une peau d'àne.

TRAGALDABAS

J'accepte l'emploi dont vous me jugez digne Je n'aborderai pas un métier si subtil Sans quelque émotion. Car quel homme, fùt-il Sage, plein de bon sens, discret, sobre, économe, Fera l'âne aussi bien que les ânes font l'homme? Les ânes sont très grands. Combien de gens voit-on Boire du vin, marcher sur deux pieds sans bâton.

ÏRAGALDABAS.

Plaider, se battre en duel à propos de vétilles, Siffler les vers, mentir, voler, vendre leurs filles. Enfin mener un train de gens civilisés, Qui sont évidemment des ânes déguisés!

Débitants de sermons et marchands de tisanes. Professeurs, gens d'esprit, gens pratique?,— des ânes ! Qui porterait leur bât comme eux notre chapeau? Je ferai de mon mieux, du moins, et que la peau Où j'entre avec respect inspire un dos profane!

ÉCARLATE

Partons!

TRAGALDABAS

Sonnez, clairons, ainsi que pour un âne!

La troupe déûle avec fanfares.

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