ACTE PREMIER
Tombre et dans rhumiliation, seul avec sa mère outragée. Et, son père mort, quelles luttes I Obligé de conquérir son propre héritage. Tous ses frères contre lui. Livré par sa mèrel II a dû se défendre comme on Tattaquait, se faire impitoyable, tant pis pour ceux qui ont besoin de pitié, les bons n'ont besoin que de justice. Et quant k la justice, ceux qui diraient que don Pèdre en manque ne se croiraient pas euxmêmes.
DOfik FLORINDE.
G*est par amour pour don Pèdre que vous refusez de servir don Manuel?
DOIT JORGE
Ce n'est pas seulement par fidélité à don Pèdre, c^est par fidélité à la Gastille. Don Manuel a ouvert TEspagne à l'étranger 1
DOftA FLORINDE.
Vous refusez?
DON JORGE
Jereftise.
DOfÏA FLORINDE.
Prenez garde, don Jorge l je peux vous y décider.
A être le complice de don Manuel?
DOAA FLORINDE.
^ le peux.
DON JORGE
^ou8 pouvez m'ôter Thonneur?
174 LES FUNÉRAILLES Dfe L*HONNEUR.
DOfiA FLORINDB.
Je peux VOUS le rendre!
DON JORGB.
Vous allez m'expllquer cette parole, doua Florinde!
Ile rendre Thonneurl Mais non, c'est à cause de ce
que je vous ai dit de votre mari, vous avez voulu me
rejeter mon injure. Ne recommencez pas. U y a des
choses que je ne permettrais pas, môme à une femme
Ccst que, voyez-vous, s'il y avait jamais sur mon hon-
neur, je ne dis pas une tache, mais l'ombre d'une
^ I ombre!.. . Celui qui rêverait, oui, qui rêverait seule-
j ment, qu'on a touché à mon nom — ferait bien de
! ne pas me dire son rêve. Et celui qui m'aurait
' outragé...
DOfiA FLORINDB.
Même si c'était don Pèdre? •
DON JORGB.
Que voulez-vous dire?
DOftA FLORINDB.
Je vous demande ce que vous feriez à don Pèdre?
DON JORGB.
> I J'ai deux rois : don Pèdre et l'honneur. Tant qu'ils ' sont d'accord, j'obéis & tous deux; mais le jour où ils ne s'entendraient pas, je n'aurais qu'un roi : Thonneur!
D0!$A FLORINDB.
Bien sûr?
DON JORGB.
Que savez-vous?