ACTE PREMIER
Assez menti! Réponds d'un mot...
TRÂGALDABAS, à part.
C'est lui le pire Des deux.
MINOTORO.
Conspires-tu?
Conspirer !
MlNOTORO.
Je conspire, Tu ne t'en doutais pas, tu le sais à présent. En es-tu? Tires-tu le coup?
En supposant Que j'eusse assez de chance, avec si peu d'usage. Pour ne pas m'envoyer la charge en plein visage, , On saurait que c'est moi rien qu'à me voir trembler. Qu'est-ce qu'on peut me faire?
MINOTORO.
On peut t'écarteler.
Aht sacrebleu!
G R I F , lui tendant M>n poignanl et un pistolet.
Choisis.
La préférence est morne.
GRIF, paternel.
Prends donc le pistolet, à moins d'être une borne. En refusant d'entrer au complot qui t'attend, Ton trépas est certain ; au lieu qu'en acceptant, Il n'est que très probable.
Allons, je me résigne.
GRIF.
Alors ta fonction est grande ! Sois-en digne ! Prends.
Il lui donne ion pistolet
TRAGALDABAS, le prenant ganchement A pirt.
OÙ me suis-je mis?
GRIF.
Mais c'est qu'on le croirait Ignare pour de bon. Je te l'arme tout prêt.
Dès que le duc sera visible, pose et plie Ton index là-dessus, et ta tâche est remplie. — J'ai faim. Déjeunons-nous?
On entend des cris et des trompettes.
MINOTORO.
Entends-tu ce fracas?
C'est le duc.
Remettons la partie en ce cas.