‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 24 sur 163 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Ayant Todeur des fleurs, la douceur de Tombrage Et le double printemps de juin et de votre ftge, Je ne parviens pas même à vous persuader Que me sentir heureux rien qu'à vous regarder, Mon cri reconnaissant quand dans Tallée obscure J'ai vu briller enfin votre chère figure.

Les mots qui de mon cœur sortent tout enflammés, Cela soit de l'amour !

DOfïA GAPRINA.

Je crois que vous m^aimez Assez pour marier — nos noms sur cette écorce. BTaimeriez-vous autant sous la loi du divorce?

DON ELISEO.

Je l'appelle I

DOJiA GAPRINA, grareraent.

Bien sûr?

DON ELISEO.

Doutez de ce que dit fifa bouche; la parole a perdu son crédit; 11 s'est fait, c'est certain, tant de fausse monnaie De serment, qu'on a droit de n'accepter la vraie Qu'après un examen plus que minutieux ; La bouche ne dit rien; — mais écoute mes yeux! Demande hardiment au fond de ma prunelle Si l'amour dont je t'aime est l'ardeur éternelle Et si c'est seulement pour toi que je vivrai. Les mots sont des menteurs, mais le regard dit vrai I Tu ne peux pas douter du mien, chère inhumaine I

DOflÀ CÀPRIHÀ.

A combien avec moi, rien que cette semaine, Votre regard a-t-il — dit vrai?

DON BLISEO.

Je t'appartiens I Tu n*en crois pas mes yeux? alors crois-en les tiens 1 Groishen ta beauté, gaie à la fois et farouche 1 Des preuves? mais j'en ai ! j'ai ton front, j'ai ta bouche, rai tout ton frais visage à l'aurore pareil, JTai ton sourire fait pour gêner le sommeil Du plus vieil hidalgo de la Vieille-Gastille, ^ Tai la vivacité dont ton geste pétille.

J'ai tout ce qu'une fée à ton berceau donna.

Alouette I fleuri perle 1 étoile I Caprinal

D05iA GAPRINA.

Eliseol

DON ELISEO.

Tu veux des preuves, je t'en donne ; Mais pourquoi t'en faut-il? Gomment, chère madone. On te dit qu'on t'adore, et cela te surprend? G'est si l'on te disait qu'on est indififérent Que la parole aurait besoin d'ôtre prouvée I Tu doutes, toi que tout aime ! A ton arrivée, Il s'est fait dans le bois comme un frémissement. Les oiseaux ont soudain chanté plus doucement. Et, frissonnant de joie, ô déesse mortelle, Les branches se disaient à voix basse : G'est elle !

DOf^Â GAPRINA.

Quel démon ôtes-vous? Vous en dites autant

A vingt autres sans doute, et lorsqu'on vous entend...

Achève I

Page 1