ACTE QUATRIÈME
DOftA GAPRINA.
Tout est dit entre nous.
DON ELISEO.
Ma jolie!
Vous croyez?. . . Écoutez I
DOfiA GAPRINA.
Non.
DON ELISEO.
Je vous en supplie !
DOf^A GAPRINA.
A quoi bon?
DON ELISEO.
L^on me vient réclamer pour un duel D'un spadassin avec votre mari, lequel Me dit n'avoir touché de sa vie une épée.
De quelque sentiment qu'on ait T&me occupée, Laisse-t-on un pauvre homme aux mains d'un assassin? Je me suis déclaré contre le spadassin, Sans vrai péril, ayant par bonheur quelque adresse. Faut-il, parce qu'on a le cœur plein de tendresse. Permettre de saigner comme un vil animal Un homme qui jamais ne vous a fait de mal?
Une femme charmante est-elle un si grand crime Qu'égorger le mari soit chose légitime?
rai cru plutôt, d'après mon humble Jugement, Que je devais au vôtre un dédommagement.
Et que c'était le moins qu'il me prit en échange Quand, céleste voleur, je lui prenais un ange !
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tn. y
iSO TRAGALDABAS.
DOftA CAPKIlfA.
Il est fâcheux, senof , que de tels sentiments
Ne se répandent pas panni tous les amants;
Car, soyez-en certain, si vous n^étiei seul presque
De cette opinion plus que chevaleresque,
lies femmes seraient moins rudes aux geas épris
Et prendraient des amants pour le bien des maris.
Qui dès lors, affrontant menaces et querelle.
Seraient sûrs de mourir de leur mort naturelle.
filais malheureusement un c*avalier pareil
Ne se rencontre pas tous les jours de soleil;
D'autres galants n'ont pas T&me si délicate ;
On voit peu que ce soit le témoin qui se batte!
La rareté du fait double son agrément;
C'est magnifique; et si, tant^à prendre un amant.
Tout en voyant avec une allégresse extrême
Qu'on aime mon mari, j'en préfère un qui m^aime,
Ce monstrueux excès de personnalité
file laisse rendre hommage à votre loyauté
Envers mon mari ; loin de vous en faire un crime.
Je n'aurai désormais pour vous que de l'estime.
Adieu. Je vous défends de me suivre ! A jamais
Adieu.
Elle s'en va.
DON ELISBO, tMl.
C'est pour de bon. Tant pis! car je l'aimais. Maudit soit ce Tragal avec ses duels! Ah! certe, Si je le retrouvais devant sa tombe ouverte.
Je l'y laisserais choir cette fois sans regret, Avec joie! et sa femme alors... — m'épouserait.