ACTE TROISIÈME. 7t
JACINTHA
Joliment l
TRAGALDABAS
Souffre que je te dise...
JACINTHA
Vous n'en finissez pas, je m'y mets .
Elle s'agenouille aussi.
TRAGALDABAS
Viens I Nos fronts Se sont presque touchés. Tout ce que nous ferons Ensemble sera bien. Femme, exauce ma flamme l Femme, veux-tu savoir ce qui me navre l'âme ? Écoute. Quand, le soir, j'erre sur les chemins. Ou- seul ici, posant ma tête dans mes mains.
Que rété brille ou bien que ce soient les jours tristes, Je pense amèrement — au destin des modistes.
Leur pauvreté doit voir avec un sombre ennui Les riches ornements qu'elles font pour autrui ; Votre propre travail vous raille et vous outrage. Ah ! vous devez souvent maudire votre ouvrage ! Moi, tiens, dans ce moment, un besoin furibond Me saisit de broyer cette dentelle.
JAGINTHA, lui arrachant le coupon.
Bon !
TRAGALpABAS.
Laisse-moi seulement en déchirer un mètre I
JAGINTHA.
Mêle paîrez-vous?
72 TRAGALDABAS
TRA6ALDABAS, lai rendant le coapon*
Prends.
Tout à coup il empoigne toute la dentelle et l*en couvre*
Ah! je voudrais te mettre Tout cela sur la tête, au corsage, aux poignets, N'importe où.
Jacinthe serre la dentelle dans le caMon et se lëre.
Maintenant, mon ange, tu connais La grande passion qui dans mon sein fermente, Et je compte sur toi pour être mon amante.
Il se lève.
JACINTHA
Mais je ne comprends rien à ces transports outrés. Nous nous sommes déjà plusieurs fois rencontrés Dans ce même salon, et jamais de la vie Vous n'avez témoigné...
TRAGALDABAS
Ce n'était pas l'envie Qui me manquait.
JACINTHA
Quoi donc ?
TRAGALDABAS
Ça n'a pas d'intérêt.
JACINTHA
lirais au contraire I
TRAGALDABAS
Un roi régnant se vanterait De ton amour l La nuit, tu traversais mes songes;