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ACTE PREMIER

vaut deux cents francs. — On Taimait donc, le gueux?

Alors je vais l'aimer aussi. (Entrent un jeune homme et une

femme encore jeune.) Ouî, c'est Cette dame. Mais, j'autrc fois, elle était seule.

LOUIS

Monsieur, vous avez eu pour locataire ici un peintre, monsieur Louis Fontenay?

MAUVERGNAT.

Pour locataire? dites mieux, monsieur, je l'ai eu pour ami.

MADAME BERTEAO.

Vous ne m'aviez pas dit, quand je suis venue...

MAUVERGNAT.

C'est madame qui est venue l'autre semaine? Je ne la reconnaissais pas.

MADAME BERTEAU

Vous ne m'aviez pas dit que vous eussiez été l'ami de monsieur Fontenay.

MAUVERGNAT.

On ne se livre pas à première vue. On a sa pudeur.

LOUIS

Vous avez dit à ma mère qu'il était resté votre débiteur. Serais-je indiscret en vous demandant de combien?

MAUVERGNAT.

Je m'en souviens vaguement.

LODIS.

A peu près?

M AUVERGNAT

De quatre cent six francs et quelque chose. Avec les intérêts depuis cinq ans, en les proportionnant aux risques, il ne me doit en tout que six cent soixantequinze francs trente-sept centimes.

LOUIS

A peu près? — Vous avez conservé son portrait?

MAUVERGNAT.

Oh! oui. Tenez, là. La peinture en est excellente; mais ce qui en fait la valeur pour moi, c'est la ressemblance. Vous pouvez dire que vous le voyez.

LOUIS

Ce portrait, vous ne le céderiez pas?

MAU VERGNAT.

Le portrait d'un ami? Je ne peux pas le regarder sans être ému. Tant que je l'ai, Louis n'est pas tout à fait mort pour moi. Au bas mot, trois cents francs.

LOUIS

Trois cents francs! Je vous en donne...

MAUVERGNAT.

Oh ! impossible d'en rabattre un centime. Et il faut que l'année ait été bien mauvaise pour que je me résigne à me dépouiller de mon ami.

LOUIS

Vous ne m'entendez pas. Je dis que ce n'est pas assez cher.

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