‹ Théatre completChapitre 148 sur 176 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

Entrent MADAME BERTEAU et GENEVIÈVE.

MADAME BERTEAU

Personne! (Eiie va ouvrir une porte.) Pas ici non plus!

GENEVIÈVE

Trois heures !

MADAME BERTEAU

Oh! attendre ainsi! Et ne rien pouvoir! Être là inutiles, pendant que lui... — Si je savais où, oh! moi, j'irais. Quel malheur que vous ne connaissiez pas l'homme qui vous a parlé ! il aurait pu nous le dire.

GENEVIÈVE

Il m'a semblé vaguement que c'était quelqu'un que j'avais déjà vu, mais je ne saurais dire où.

MADAME BERTEAU

J'ai interrogé vos domestiques, fis ont remarqué un

homme qui sortait précipitamment. Mais aucun d'eux ne le connaît.

GENEVIÈVE

J'entrais, et je ne voyais que mon mari, quand cet homme a prononcé la parole terrible. Alors, je n'ai plus vu personne.

MADAME BERTEAU

Ce cabinet où hier encore il travaillait à défendre les autres... Il aurait mieux fait d'apprendre à les tuer! — Mais nous nous effrayons peut-être à tort. Vous avez perdu connaissance, vous n'avez pas dû avoir ensuite un souvenir bien exact de ce que vous aviez entendu. Vous n'êtes pas certaine, n'est-ce pas, qu'il soit allé se battre?

GENEVIÈVE

Hélas!

MADAME BERTEAU

Moi, je suis certaine que non. Ainsi, ce de Bray vous avait dit hier qu'il provoquerait Louis?

GENEVIÈVE

Il me l'avait dit en riant, et j'avais cru qu'il plaisantait. Ah ! nous n'aurions pas dû l'inviter.

MADAME BERTEAU

Comment votre père n'a-t-il pas pensé que, si tous deux se rencontraient, il ne faudrait qu'un regard? 11 n'en faut pas plus aux hommes pour leur faire oublier qu'ils ont des mères.

Page 1