‹ Théatre completChapitre 162 sur 176 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

GENEVIÈVE

Je t'en prie.

LE COLONEL

Eh bien, lis. (ll lul donne la lettre.)

GENEVIÈVE, lisant.

« Monsieur,

« Une calamité que je n'avais pu prévoir et que je ne peux dire me condamne à renoncer à ce qui était plus que ma vie. Croyez à mon profond respect pour vous et pour mademoiselle votre fille, et à mon éternel désespoir.

«Louis Be rte au. »

Ah! (Elle s'appuie à une chaise.)

LE COLONEL

Voilà leur amour!

GENEVIÈVE

0 mon Dieu ! (Elle sanglote.)

LE COLOA'EL.

Ah ! ce monsieur refuse ma fille ! Je ne l'aimais pas déjà tant !

GENEVIÈVE

Mais qu'est-ce qui a pu se passer?

De Bray lui aura défendu de te revoir.

GENEVIÈVE

Père!

LE COLONEL

Il ne cacherait pas sa raison si elle n'était pas honteuse.

GENEVIÈVE

Mon père!... J'ignore ce qui peut le contraindre à me désespérer, mais je suis certaine que, si nous le savions, notre estime pour lui en redoublerait.

LE COLONEL

Oh! toi, les preuves te crèveraient les yeux, tu dirais encore non.

GENEVIÈVE

C'est vrai, (te colonel se détourne avec humeur.) Il y a là

quelque devoir terrible. Peut-être que, si nous le connaissions... Mais par qui?

LE COLONEL

Je te répète... (Au domestique qui rentre. j Que VOUlCZ- VOUS?

LE DOMESTIQUE

C'est un homme qui demande à parler à monsieur.

LE COLONEL

Je n'y suis pas !

LE DOMESTIQUE

C'est ce que je lui ai dit. Mais il a insisté. Il prétend avoir à faire une communication importante au sujet de monsieur Berteau.

GENEVIÈVE

Ah! qu'il entre!

Page 1