‹ Théatre completChapitre 17 sur 176 · BEPPO, LYDIA · texte numérisé non relu

BEPPO, LYDIA

BEPPO

Est-ce que vous aimez réellement Troppa?

LYDIA

Votre ami trouverait la question gentille!

BEI' PO

L'aimez-vous?...

LYDIA

C'est selon.

BEPPO

Pour une jeune fille Aimer n'a pas deux sens.

LYDIA

Tout comme les garçons.

Les filles, cher seigneur, aiment de cinq façons: Par le nez, les parfums ; par les yeux, leur corbeille De noce, les colliers et les pendants d'oreille ; Par l'oreille, le chant; par la bouche, un bon plat; Et môme par le cœur un peu: leur petit chat.

BEPPO

Lui? comment l'aimez-vous ?

LYDIA

Pas en pendant d'oreille.

Non, sérieusement, Troppa vous émerveille?

LYDIA

Non, sérieusement, par quel goût peu banal La rue est-elle ici le confessionnal?

BEPPO

Vous l'aimez, je comprends.

LYDIA

L'arrêt en est suprême !

Mais à quoi, s'il vous plaît, voyez-vous que je l'aime?

BEPPO

Quand une femme accepte un homme pour servant!

LYDIA

Bon! il ne sera plus permis dorénavant

Qu'un honnête garçon quelquefois nous distraie.

On aurait avec vous une existence gaie !

Je l'aime? encore un peu, ce sera mon amant!

BEPPO, brusquement.

Pourquoi pas?

LYDIA

Par exemple ! Eh bien, mais c'est charmant ! Personne ne dira, seigneur, ou je m'étonne. Que la galanterie ici soit monotone; Tout à l'heure j'étais un ange, et maintenant Je suis... Le compliment est assez surprenant.

Querellez-moi ! cela dispense de répondre.

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