‹ Théatre completChapitre 27 sur 176 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

FIDELINE, LYDIA.

FIDELINE.

Savez-vous ce que c'est que celui qui vous quitte?

LYDIA

Mais, vous qui me parlez...

FIDELINE.

Vous croyez le savoir.

Depuis que vous passez votre vie à le voir Et l'entendre. Un seigneur d'une élégance extrême? Un jeune homme charmant? C'est un homme qui m'aime.

LYDIA

Vous?

FIDELINE.

Cela vous étonne? Ah ! ce n'est pas cela Qu'il vous dit, je le sais. Les yeux tendres qu'il a! Il vous jure un amour sans bornes et sans terme. Ce n'est plus qu'avec vous qu'il sort. Il vous enferme! Il est passionné, dites? Un cœur de feu, N'est-ce pas? Ce seigneur m'aime pourtant.

Mon Dieu !

Si vous venez de perdre un galant, que l'on aille Vite le placarder après quelque muraille

Avec la récompense honnête qu'il faut; mais Arrêter les passants, ça ne se fait jamais. A-t-on sur son collier écrit votre demeure?

FIDELINE.

Vous avez tort de rire, et ce n'en est pas l'heure.

LYDIA

On ne vient pas au bal pour sangloter, je croi.

Ce seigneur vous délaisse ; eh bien, qu'y puis-je, moi ?

Que ne lui dites-vous vos raisons à lui-même?

FIDELINE.

Vous ne comprenez pas. Je dis que Beppo m'aime.

LYDIA

C'est d'un amour discret qu'il vous aime en ce cas. Et qui certainement ne vous compromet pas,

FIDELINB.

Mais il est, en revanche, auprès de moi, ma chère. Quelqu'un qu'il compromet d'une étrange manière! Mais, c'est vrai, rions-en. Oui, je l'ai rebuté; Alors, lui, pour venir à bout de ma fierté. Ayant lu qu'une femme est un être frivole Et n'aime ses galants que lorsqu'on les lui vole, 11 a voulu piquer mon orgueil, et vous a, Pour me rendre moins vaine, empruntée à Troppa. Depuis, sous ma fenêtre, ou bien chez vous, n'importe (Il n'est pour vivre à jour que de fermer sa porte). Il fait semblant de vous aimer, jusqu'à l'instant Où je dirai le mot que son mensonge attend.

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