ACTE PREMIER
hommes vous demandent; mais quand on est pauvre, on sait pourquoi ils ne vous demandent pas.
ANDRÉE
Si Ton ne me demandait pas, je resterais comme je suis. Tu es donc bien malheureux de m'avoir à toi tout seul?
J'aurais peut-être Tégoïsme d'en être heureux d'abord; mais pas longtemps, car tu ne tarderais pas à en souffrir. Ne défie pas la pauvreté.
ANDRÉE
Je ne la défie pas, je l'invite.
BRUEL
INe dis pas cela, Dieu n'aurait qu'à te prendre au mot.
ANDRÉ!'
J'y consens.
MADAME GERVAIS
Ah çà! est-ce que tu aimerais quelqu'un de pauvre?
ANDRÉE
Je n'aime personne.
BRUEL
A la bonne heure. — Maintenant, je vais... (n va pour sortir, puis revient.) Madame Gervais, est-ce que votre médecin ne vient pas aujourd'hui?
MADAME GERVAIS
Vous êtes malade?
72 JEAN BAUDRY
BRU EL
Baudry lui écrit souvent, il aurait peut-être des nouvelles. J'ai des raisons de ne plus m'en rapporter aux commis, et j'avais prié Baudry de s'occuper d'une affaire.
MADAME CE R VAIS
Monsieur Olivier sera ici dans un quart d'heure.
BRUEL
Alors, je vais l'attendre. (U va vers la cheminée.)
MADAME CERVAIS.
Ne cassez pas l'autre potiche. (Uruel s'assied et prend un journal.)
ANDRÉE
Père, qu'est-ce que monsieur Olivier est donc à monsieur Baudry?
BRUEL
Tu me fais là une question que je me suis faite plus d'une fois et à. laquelle je n'ai jamais pu répondre.
MADAME GERVAIS
Je dois informer monsieur Bruel que j'aime beaucoup monsieur Olivier et que je ne le laisserai pas attaquer chez moi.
BRUEL
Je n'attaque pas monsieur Olivier, je dis que je ne le connais pas.