SCENE
Entrent ANDRÉE, JEAN BAUDRY, BRUEL, puis OLIVIER, puis BARENTIN.
JEAN BAUDRY
Nous prendrons le café les fenêtres ouvertes. Quelle admirable soirée! Andrée, regardez la lune sur la mer. Ah! j'ai eu souvent ce spectacle sous les yeux sans y faire attention ; c'est que j'étais seul à le regarder. Comme c'est beau à deux! — Olivier, viens voir.
OLIVIER
Je vois.
JEAN BAUDRY
Ma foi, devant vous je peux bien penser tout haut, je suis heureux! Comment vous remercierai- je assez tous trois? (a Olivier.) Tu Hi'as dit que tu ne m'en voulais plus du tout?
136 JEAN BAUDRY
OLIVIER
A VOUS? Je ne vous en ai jamais voulu.
JEAN BAUDRY
Et que tu avais renoncé tout à fait à tes mauvaises idées de Paris?
OLIVIER
Oh ! tout à fait.
JEAN BAUDRY
Cher Olivier! (Revenant à Andrée qui est restée à la fenêtre.)
Quelle tranquillité! Les arbres du jardin ne bougent pas; on dirait qu'ils dorment et qu'ils rêvent. — Écoutez! c'est le rossignol. Comme il chante bien ce soir! (a Bruei qui rit.) Pourquoi riez-vous?
BRUEL
Je ris, parce que je suis joyeux. Et puis, je pense à madame Gervais. (a Andrée.) Tu es sûre que ta lettre a été mise à la poste?
ANDRÉE
Je l'ai mise moi-même.
BRUEL
D'ailleurs, je lui ai écrit aussi. Pas un mot de réponse ! Sa nièce se marie demain, et nous ne savons même pas si elle viendra.
JEAN BAUDRY
Comment vous expliquez-vous son silence?
BRUEL
Par son étourderie. Elle est capable de croire