ACTE TROISIÈME
JEAN BAUDRV.
Il n'y a rien, c'est évident. — Comment étaient-ils l'un pour l'autre à Paris?
BRUEL
Je n'y ai passé qu'un jour.
JEAN BAUDRY
Madame Gervais pourra nous le dire.
Si elle vient.
JEAN BAUDRY
Je serais désolé qu'ils fussent mal l'un pour l'autre.
BRUEL
Désolé! Vous feriez croire que vous avez peur de lui.
JEAN BAUDRY
On a toujours peur de ceux qu'on aime.
BRUEL
Vous l'aimez à ce point ! Ah çà ! mon cher Baudry, vous ne voulez donc pas me dire ce que c'est que cet Olivier?
JEAN BAUDRY
Je vous l'ai dit.
BRUEL
■Un enfant sans parents, que vous avez recueilli et auquel vous vous êtes attaché. L'autre jour, vous êtes resté à Paris pour lui, malgré votre amitié pour moi et votre affection pour Andrée. Vous pouvez dire que vous lui êtes attaché solidement.
144 JEAN BAUDRY
JEAN BADDRY.
Quand je )'ai connu, je n'avais que lui à aimer : je me suis mis à Taimer beaucoup. C'est presque un fils pour moi.
BRUEL
Presque ?
JEAN BAUDRV.
Certainement.
BRUEL
Allons donc !
JEAN BAUDRY
Qu'entendez-vous par là ?
BRUEL
Voulez-vous bien me laisser tranquille ! — Voyons, mon cher Baudry, Andrée n'est pas là, me permettezvous de vous parler franchement ?
JEAN BADDRY.
Je vous en prie.
BRUEL
Quel est l'âge d'Olivier?
JEAN BAUDRY
Vingt-deux ans.
BRUEL
Et le vôtre?
JEAN BAUDRY
Quarante-six.