‹ Théatre completChapitre 88 sur 176 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

BARENTIN, puis ANDRÉE.

BARENTIN, regardant à la pendule.

Minuit un quart! et monsieur Bruel et monsieur ne rentrent pas! S'il y a du bon sens à rentrer si tard quand il faut que je sois levé demain avant six heures! Je sais bien que, puisque monsieur Olivier ne reste pas, monsieur est obligé de courir après un autre témoin. Je l'excuse. Je vas toujours fermer les persiennes. (n va à la fenêtre.) Tiens, le temps s'est brouillé. Il pleut. C'est bien fait pour ceux qui sont dehors !

ANDRÉE, entrant.

A une heure ! Malgré tout, il va revenir ; on le surprendra, nous sommes perdus. Il ne faut pas qu'il revienne! Comment empêcher?... Barentin?

BARENTIN

Mademoiselle?

168 JEAN BAUDRY

ANDRÉE

Vous fermez les persiennes, vous avez donc toujours peur?

BARENTIN

Je crois bien!

ANDRÉE

Par où voulez-vous qu'on entre ici?

BARENTIN

Moi, je veux qu'on entre ici !

ANDRÉE

Ne fermez-vous pas la grille tous les soirs?

BARENTIN

Oh! que oui, je ferme la grille, et je ferme la porte, et je ferme les persiennes, et alors je suis un peu tranquille. Les murs sont bons, ils sont plantés de morceaux de verre qui n'invitent pas à les enfourcher, et, comme il n'y a que monsieur et monsieur Olivier qui aient des clés...

Ah! monsieur Olivier a une clé?

BARENTIN

Monsieur a dit comme ça qu'un jeune homme devait pouvoir rentrer à l'heure qu'il voulait sans réveiller les domestiques. Il est si bon pour nous, monsieur! Il nous fera tous égorger.

ANDRÉE

Cette clé, monsieur Olivier, quand il s'en va, la laisse ici?

Page 1