‹ Théatre complet. Avec des remarques littéraires et un choix de notes classiquesChapitre 150 sur 459 · Tacit. , Annal, lib. XHI, cap · texte numérisé non relu

Tacit. , Annal, lib. XHI, cap

2. Corneille, qui, dans Héraclius, fait régner vingt ans Tempe reur Phocas, lequel n'eu a régné que huit-

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«omme l'Emilie de Cinna, comme la Sabine d'Horace? Hais j'ai à leur dire que, s'ils avoient bien lu l'histoire, ils auroient trouvé une Junia Calvina, de la famille d'Augaste, sœur de Silanus, à qui Claudius avoit promis Octavie. Cette Junie étoit Jeune, belle, et, comme dit Sénèque, festivissima omnium puellarum^. Elle aimoit tendrement son frère; et leurs ennemis, dit Tacite, les accusèrent tous deux d'inceste, quoiqu'ils ne fussent coupables que d'un peu d'indiscrétion. Si je la présente plus retenue qu'elle n'étoit, je n'ai pas ouï dire qu'il nous fût défendu de rectifiw les mœurs d'un personnage, surtout lorsqu'il n'est pas connu.

L'on trouve étrange qu'elle paroisse sur le théâtre après la mort de Britannicus. Certainement la délicatesse est grande de ne pas vouloir qu'elle dise en quatre vers assez touchants qu'elle passe chez Octavic. « Mais, disent-ils, ■ cela ne valoit pas la peine de la faire revenir, un autre « l'auroit pu raconter pour elle. » Ils ne savent pas qu'une des règles du théâtre est de ne mettre en récit que les choses qui ne se peuvent passer en action , et que tous les anciens font venir souvent sur la scène des acteurs qui n'ont autre chose à dire, sinon qu'ils viennent d'un endroit, et qu'ils s'en retournent en un auu i-

« Tout cela est inutile, disent mes censeurs : la pièce est • finie an récit de la mort de Britannicus, et l'on ne devroit « point écouter le reste. » On l'écoute pourtant, et même avec autant d'attention qu'aucune fin de tragédie. Pour moi, j'ai toujours compris que la tragédie étant l'imitation d'une action complète, où plusieurs personnes concourent, cette action n'est point finie que l'on ne sache en quelle situation elle laisse ces mêmes personnes. C'est ainsi que Sophocle en use presque partout : c'est ainsi que dans VAntigone il emploie autant de vers à représenter la fureur d'Hémon et la punition de Créon après la mort de cette princesse, que

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