ACTE IV
ATALIDE, i part.
Quel revers !
ROX ANE.
Pour comble do disgrâces.
Le sultan, qui renvoie, est parti sur ses traces.
ATALIDE
Quoi! les Persans armés no l'arrôtent donc pas?
nOXANE.
Non, madame : vers nous il revient à grands pas.
Que je vous plains, madame! et qu'il est nécessaire D'achever promptement ce que vous vouliez faire !
ROXANE
n est tard de vouloir s'opposer au vainqueur.
ATALIDE, à part.
O ciel!
ROXANB.
Le temps n'a point adouci sa rigueur. ^
Vous voyez dans mes mains sa volonté suprême.
ATALIDE
Et que vous mande-t-iH
ROXANE
Voyez : lisez vous-même.
Vous connoissez, madame, et la lettre et le seing.
ATALIDE
Du cruel Amurat je reconnois la main.
(Elle lit.) « Avant que Babylone éprouvât ma puissance, « Je vous ai fait porter mes ordres absolus ; « Je ne veux point douter de votre obéissance , • Et crois que maintenant Bajazet ne vit plus. « Je laisse sous mes lois Babylone asservie, « Et confirme en partant mon ordre souverain. « Vous, si vous avez soin de votre propre vie, ■ Ne vous montrez à moi que sa tête à la main. ■
ItOXANB.
Hé bienT
ATALIDE, i part.
Cache tes pleurs, malheureuse Atalide
ROXANL
Que vous semble?
BAJAZET
ATALIDE
11 poursuit son dessein parricid>i.
Mais il pense proscrire un prince sans appui : Il ne sait pas l'amour qui vous parle pour lui; Que vous et Bajazet vous ne faites qu'unî âme; Que plutôt, s'il le faut, vous mourrez...
ROXANE
Moi, madamel Je voudrois le sauver, je ne le puis haïr; Mais...
ATALIDE
Quoi doncî qu'avez-vous résolu ?
D'obéir.
ATALIDE
D'obéir!
BOXANE.
Et que faire en ce péril extrême' Il le faut.
Quoiî ce prince aimable... qui vous aime, Verra finir ses jours qu'il vous a destinés !
ROXANE
n le faut; et déjà mes ordres sont donnés.
ATALIDE
Je me meurs.
ZATIME.
Elle tombe, et ne vit plus qu'à peine.
ROXANE
Allez, conduisez-la dans la chambre prochaine; Mais au moins observez ses regards , ses discours , Tout ce qui convaincra leurs perfides amours.