‹ Théatre complet. Avec des remarques littéraires et un choix de notes classiquesChapitre 270 sur 459 · PHARNACE, XIPHARÈS · texte numérisé non relu

PHARNACE, XIPHARÈS

PHARNACE, à part.

Mithridate revient! Ah, fortune cruelle!

Ma vie et mon amour tous deux courent hasard.

Les Romains que j'attends arriveront trop tard :

(A Xi phares.) Comment faire? J'entends que votre cœur soupire. Et j'ai conçu l'adieu qu'elle vient de vous dire,

1. Quel coup de théâtre I Quel changement dans la situation de to us les personnages 1 et c'est une confidente qui, par un simple avis, produit tout ce mouvement!... Il n'y a point de premier acte qui se termine d'une manière plus théâtrale, et qui laisse une plus vive attente * c'est la perfection de Tait. (Gxoffhot.)

448 MITHRIDATB.

Prince; mais ce discours demande un autre letrips :

Nous avons aujourd'liui des soins plus imporiHiita.

Mithridate revient, peut-être inexorable :

Plus il est malheureux, plus il est redoutable;

Le péril est pressant plus que vous ne pensez.

ISûus sommes criminels ; et vous le connoissez :

Rarement l'amitié désarme sa colère ;

Ses propres fils n'ont point de juge plus sévère;

Et nous l'avons vu même & ses cruels soupçons

Sacrifier deux fils pour de moindres raisons.

Craignons pour vous, pour moi, pour la reine elle-mômej

Je la plains d'autant plus que Mithridate l'aime.

Amant avec transport, mais jaloux sans retour.

Sa haine va toujours plus loin que son amour.

Ne vous assurez point sur l'amour qu'il vous porte ;

Sa jalouse fureur n'en sera que plus forte ;

Songez-y. Vous avez la faveur des soldats;

Et j'aurai des secours que je n'explique pas.

M'en croirez-vous ? Courons assurer notre grâce:

Rendons-nous, vous et moi, maîtres de cette place;

Et faisons qu'à ses fils il ne puisse dicter

Que des conditions qu'ils voudront accepter.

XIPHARÈS

Je sais quel est mon crime, et je connois mon père; Et j'ai par-dessus vous le crime de ma mère; Mais quelque amour encor qui me pût éblouir. Quand mon père paroit, je ne sais qu'obéir.

PHARNACE

Soyons-nous donc au moins fidèles l'un à l'autre : Vous avez mon secret, j'ai pénétré le vôtre. Le roi, toujours fertile en dangereux détours. S'armera contre nous de nos moindres discours: Vous savez sa coutume, et sous quelles tendrosses Sa haine sait cacher ses trompeuses adre?sf^. Allons : puisqu'il le faut, je marche s>ii vos pas; Hais, en obéissant, ne nous trahissons pas.

rm DU PREUIBR ACTB.

ACTB IL 411

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