‹ Théatre complet. Avec des remarques littéraires et un choix de notes classiquesChapitre 309 sur 459 · AGAMEMNON, CLYTEMNESTRE · texte numérisé non relu

AGAMEMNON, CLYTEMNESTRE

CLTTEMNESTRE.

Oui , seigneur, nous partions ; et mon juste courroux Laissoit bientôt Achille et le camp loin de nous : Ma flUe dans Argos couroit pleurer sa honte. Mais lui-même , étonné d'une fuite si prompte , Par combien de serments , dont je n'ai pu douter. Vient-il de me convaincre , et de nous arrêter ! Il presse cet hymen qu'on prétend qu'il diffère , Et vous cherche , brûlant d'amour et de colère : Prêt d'imposer silence à ce bruit imposteur, Achille en veut connoître et confondre l'auteur. Bannissez ces soupçons qui troubloient notre joie.

AGAHBHNON.

Madame, c'est assez : je consens qu'on le croie.

ACTB III. 523

Je reconnols l'erreur qui nous avoit séduits , Et ressens votre joie autant que je le puis. Vous voulez que Calchas l'unisse à ma famille : Vous pouvez à l'autel envoyer votre fille ; Je l'attends. Mais, avant que de passer plus loin. J'ai voulu vous parler un moment sans témoin. Vous voyez en quels lieux vous l'avez amenée : Tout y ressent la guerre , et non point l'hyménée. Le tumulte d'un camp, soldats et matelots, Un autel hérissé de dards, de javelots. Tout ce spectacle enfin, pompe digne d'Achille, Pour attirer vos yeux n'est point assez tranquille; Et les Grecs y verroieut l'épouse de leur roi Dans un état indigne et de vous et de moi. M'en croirez-vous? Laissez, de vos femmes suivie, A cet hymen , sans vous, marcher Iphigénie.

CLTTEMNESTRB.

Qui? moi ! que, remettant ma fille en d'autres bras,

Ce que J'ai commencé, je ne l'achève pas!

Qu'après l'avoir d'Argos amenée en Aulide,

Je refuse & l'autel de lui servir de guide !

Dois-je donc de Calchas être moins près que vouai

Et qui présentera ma fille à son époux?

Quelle autre ordonnera cette pompe sacrée?

AGAHEHNON.

Vous n'êtes poiat ici dans le palais d'Atrée : Vous êtes dans un camp...

Page 1