‹ Théatre complet. Avec des remarques littéraires et un choix de notes classiquesChapitre 315 sur 459 · Quelle scène t quel coup de théâtre I (L. B · texte numérisé non relu

Quelle scène t quel coup de théâtre I (L. B

VoItAÎre, dans son admiration pour cette belle scène, s'écrie : f Je sais que l'idée de cette situation ast dans Euripide, mais elle 7 est comme la maibr* dans U carrièra< atc'est Radna qui a cc^wtratt lé palais. •

ACTB III. 537

ACHILLK.

Contre qui T

A RCA s.

Je le nomme et l'accuse à regret i Autant que je l'ai pu j'ai gard>§ son secret. Mais le fer, le bandeau, la fiamine est toute prête; Dût tout cet appareil retomber sur ma tête, U faut parler.

CLTTEMNESTRE.

Je tremble. Expliquez-vous, Arcas

ACHILLE

Qui qae ce soit, parlez , et ne le craignez pas.

ARCAS

Vous êtes son amant , et vous êtes sa mère : Gardez-TOUB d'envoyer la princesse à son père.

CLYTEUNESTRB.

Pourquoi le craindrons-nous 7

ACHILLE

Pourquoi m'en défier t

ARCAS

Il l'attend à l'autel pour la sacrifier.

ACHILLE

Lui!

CLYTEUNESTRB.

Sa fille !

IPHICéNIB.

Mon père!

ÉRIPHILB.

0 ciel! quelle nouvelldl

ACHILLE

Quelle aveugle fureur pourroit l'armer contre elle? Ce discours sans horreur se peut-il écouter?

ARCAS

Ah, seigneur! plût au ciel que je pusse en douter!

Par la voii de Calchas l'oracle la demande ;

De toute autre victime il refuse l'offrande ;

Et les dieux, jusque-là protecteurs de Paris,

Ne nous promettent Troie et les vents qu'à ce prix.

CLYTEUNESTRE.

Les dieux ordonneroient un meurtre abominable I

IPBIGÉNIE.

Ciel ! pour tant de rigueur, de quoi suis-je coupable!

M» IPHIGENia

CLYTEMNESTBB.

Je ne m'étonne plus de cet ordre cruel Qui m'avoit interdit l'approche de l'autel. iPHiGÉNiE, à Achille.

Et voilà donc l'hymen où j'étois destinée!

ARC AS

Le roi, pour vous tromper, feignoit cet hyménéei Tout le camp même encore est trompé comme vous.

CLYTEMNESTRE

Seigneur, c'est donc à moi d'embrasser vos genoux.

ACHILLE, la relevant.

Ah, madame!

CLYTEMNESTRE

Oubliez une gloire importune*; Ce triste abaissement convient à ma fortune : Heureuse si mes pleurs vous peuvent attendrir! Une mère à vos pieds peut tomber sans rougir. C'est votre épouse, hélas! qui vous est enlevéei Dans cet heureux espoir je l'avois élevée. C'est vous que nous cherchions sur ce funeste bord 5 Et votre nom, seigneur, l'a conduite à la mort. Ira-t-elle, des dieux implorant la justice, Embrasser leurs autels parés pour son supplice? Elle n'a que vous seul : vous êtes en ces lieux Son père, son époux, son asile, ses dieux. Je lis dans vos regards la douleur qui vous presse. Auprès de votre époux , ma fille, je vous laisse. Seigneur, daignez m'attendre, et ne la point quitter. A mou perfide époux je cours me présenter : Il ne soutiendra point la fureur qui m'anime. Il faudra que Calchas cherche une autre victime : Ou , si je ne vous puis dérober à leurs coups , Ma fille , ils pourront bien m'immoler avant vous.

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