Quelle scène t quel coup de théâtre I (L. B
VoItAÎre, dans son admiration pour cette belle scène, s'écrie : f Je sais que l'idée de cette situation ast dans Euripide, mais elle 7 est comme la maibr* dans U carrièra< atc'est Radna qui a cc^wtratt lé palais. •
ACTB III. 537
ACHILLK.
Contre qui T
A RCA s.
Je le nomme et l'accuse à regret i Autant que je l'ai pu j'ai gard>§ son secret. Mais le fer, le bandeau, la fiamine est toute prête; Dût tout cet appareil retomber sur ma tête, U faut parler.
CLTTEMNESTRE.
Je tremble. Expliquez-vous, Arcas
ACHILLE
Qui qae ce soit, parlez , et ne le craignez pas.
ARCAS
Vous êtes son amant , et vous êtes sa mère : Gardez-TOUB d'envoyer la princesse à son père.
CLYTEUNESTRB.
Pourquoi le craindrons-nous 7
ACHILLE
Pourquoi m'en défier t
ARCAS
Il l'attend à l'autel pour la sacrifier.
ACHILLE
Lui!
CLYTEUNESTRB.
Sa fille !
IPHICéNIB.
Mon père!
ÉRIPHILB.
0 ciel! quelle nouvelldl
ACHILLE
Quelle aveugle fureur pourroit l'armer contre elle? Ce discours sans horreur se peut-il écouter?
ARCAS
Ah, seigneur! plût au ciel que je pusse en douter!
Par la voii de Calchas l'oracle la demande ;
De toute autre victime il refuse l'offrande ;
Et les dieux, jusque-là protecteurs de Paris,
Ne nous promettent Troie et les vents qu'à ce prix.
CLYTEUNESTRE.
Les dieux ordonneroient un meurtre abominable I
IPBIGÉNIE.
Ciel ! pour tant de rigueur, de quoi suis-je coupable!
M» IPHIGENia
CLYTEMNESTBB.
Je ne m'étonne plus de cet ordre cruel Qui m'avoit interdit l'approche de l'autel. iPHiGÉNiE, à Achille.
Et voilà donc l'hymen où j'étois destinée!
ARC AS
Le roi, pour vous tromper, feignoit cet hyménéei Tout le camp même encore est trompé comme vous.
CLYTEMNESTRE
Seigneur, c'est donc à moi d'embrasser vos genoux.
ACHILLE, la relevant.
Ah, madame!
CLYTEMNESTRE
Oubliez une gloire importune*; Ce triste abaissement convient à ma fortune : Heureuse si mes pleurs vous peuvent attendrir! Une mère à vos pieds peut tomber sans rougir. C'est votre épouse, hélas! qui vous est enlevéei Dans cet heureux espoir je l'avois élevée. C'est vous que nous cherchions sur ce funeste bord 5 Et votre nom, seigneur, l'a conduite à la mort. Ira-t-elle, des dieux implorant la justice, Embrasser leurs autels parés pour son supplice? Elle n'a que vous seul : vous êtes en ces lieux Son père, son époux, son asile, ses dieux. Je lis dans vos regards la douleur qui vous presse. Auprès de votre époux , ma fille, je vous laisse. Seigneur, daignez m'attendre, et ne la point quitter. A mou perfide époux je cours me présenter : Il ne soutiendra point la fureur qui m'anime. Il faudra que Calchas cherche une autre victime : Ou , si je ne vous puis dérober à leurs coups , Ma fille , ils pourront bien m'immoler avant vous.