‹ Théatre complet. Avec des remarques littéraires et un choix de notes classiquesChapitre 397 sur 459 · PARTIE DD CH(KDR · texte numérisé non relu

PARTIE DD CH(KDR

(Bather entre s'appuyant sur Élise; quatre Israélitea soutiennent sa robe.)

ASSDÉRtJS.

Sans mon ordre on porte ici ses pasi Quel mortel insolent vient chercher le trépas? Gardes... C'est vous, Esther? Quoi! sans être attenduel

ESTUER.

Mes filles, soutenez votre reine éperdue : Je me meurs.

(Elle tombe évanoDie.)

ASSDÉRDS.

Dieux puissants ! quelle étrange pâleur De son teint tout à coup efface la couleur ! Esther, que craignez-vous? Suis-je pas votre frère? Est-ce pour vous qu'est fait un ordre si sévère? ''ivez : le sceptre d'or que vous tend cette main Pour vous de ma clémence est un gage certain.

ESTHER

Quelle voix salutaire ordonne que je vive. Et rappelle en mon sein mon âme fugitive)

B44 ESTHBR.

Assuénos. Ne connolssez-vous pas la voix de votre épouxî Encore un coup , vivez , et revenez à vous.

ESTHEn.

Seigneur, je n'ai jamais contemplé qu'avec crainte L'auguste majesté sur votre front empreinte; Jugez combien ce front irrité contre moi Dans mon âme troublée a dû jeter d'effroi : Sur ce trône sacré qu'environne la foudre J'ai cru vous voir tout prêt à me réduire en poudre. Hélas ! sans frissonner, quel cœur audacieux Soutiendroit les éclairs qui partoient de vos yeuxt Ainsi du Dieu vivant la colère étincelle...

ASSUÉRUS

O soleil ! 6 flambeau de lumière immortelle ! Je me trouble moi-même ; et sans frémissement Je ne puis voir sa peine et son saisissement. Calmez , reine , calmez la frayeur qui vous presse. Du cœur d'Assuérus souveraine maîtresse, Éprouvez seulement son ardente amitié.

Faut-il de mes États vous donner la moitié?

ESTHER

Eh ! se peut-il qu'un roi craint de la terre entière, Devant qui tout fléchit et baise la poussière. Jette sur son esclave un regard si serein , Et m'offre sur son cœur un pouvoir souverain?

ASSUÉRUS

Croyez-moi, chère Esther, ce sceptre, cet empire.

Et ces profonds respects que la terreur inspire,

A leur pompeux éclat mêlent peu de douceur,

Et fatiguent souvent leur triste possesseur.

Je ne trouve qu'en vous je ne sais quelle grâce

Qui me charme toujours et jamais ne me lasse.

De l'aimable vertu doux et «uissants attraits !

Tout respire en Esther l'iiifiocence et la paix.

Du chagrin le plus noir elle écarte les ombres,

Et fait des jours sereins de mes jours les plus sombres»

Que dis-je? sur ce trône assis auprès de vous.

Des astres ennemis j'en crains moins le courroux,

Et crois que votre front prête à mon diadème

Un éclat qui le rend respectable aux dieux même.

Osez donc me répondre , et ne me cachez pas

ACTB II. 64S

Quel sujet importint conduit ici vos pas.

Quel intérêt, quels soins vous agitent, vous pressent?

Je vois qu'en m'écoutant vos yeux au ciel s'adressent^

Parlez : de vos désirs le succès est certain

Si ce succès aenend d'une mortelle maio.

E3THBS.

O ijwuié qui m'assure autant qu'elle m^onord

Un intérêt pressant veut aue ie vous imolors

J'attenos ou mon malheur ou ma félicita

Et tout dépend, seigneur, de votre volonté.

Cn mot de votre bouche, en terminant mes peines,

Peut rendre Esther heureuse entre toutes les reines.

ASSUÉRUS

Ah ! que vous enflammez mon désir curieui!

ESTIIER.

Seigneur, si j'ai trouvé grâce devant vos yeux. Si jamais à mes vœux vous fûtes favorable , Permettez, avant tout, qu'Esther puisse à sa table Recevoir aujourd'hui son souverain seigneur, Et qu'Aman soit admis à cet excès d'honneur. J'oserai devant lui rompre ce grand silence ; Et j'ai pour m'expliquer besoin de sa présence.

ASSUÉRUS

Dans quelle inquiétude, Esther, vous me jetez Toutefois qu'il soit fait comme vous souhaitez.

(Â ceux de sa suite.) Vous, que l'on cherche Aman; et qu'on lui fasse entendre Qu'invité chez la reine il ait soin de s'y rendre.

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