SCÈNE IX
LE CHOEUR
TOCT LE CHoecn.
Dieu fait triompher l'innocence :
Chantons, célébrons sa puissance.
UNE ISRAÉLITE
n a vu contre nous les méchants s'assembler,
Et notre sang prêt à couler.
Comme l'eau sur la terre ils alloient le répandre ; Du haut du ciel sa voix s'est fait entendre :
L'homme superbe est renversé ,
Ses propres flèches l'ont percé.
UNE AUTRE
J'ai vu l'impie adoré sur la terre * j Pareil au cèdre, il cachoit dans les cieux Son front audacieux ; n sembloit à son gré gouverner le tonnerre, Fouloit aux pieds ses ennemis vaincus :
I. Boileaa disoit i que la sublimité des psaumes étott l'écueil de c tous les traducteurs ; que leur majestueuse tranquillité ne pouvoit « ôtre rendue que bien difScilement par la plume des plus grands f maîtres; qu'elle avoit souvent désespéré M. Racine; qu'il étoit ( venu pourtant à bout do traduire admirablement cet endroit du ( psalmiste : i Vidi impium superexaltatum , et elevatum sicut ce-
1 dros Liban! ; et transivi , et ecce non erat. • — < J'ai vu l'impie (( extrêmement élevé, et qui égaloit en hauteur les cèdres du Liban ; « et J'ai passé, et il n'étoit plus. » (Pial. xxxvi, vers. 85 at 39.)
ACTB III. M«
Je n'ai fait que passer, il n'étoit déjà plus.
UNE AUTRE
On peut des plus grands rois surprendre la justice. Incapables de tromper, Ils ont peine à s'échapper Des pièges de l'artiflce.
cœur noble ne peut soupçonner en auUtii La bassesse et la malice Qu'il ne sent point en lui.
UNE AUTRE
Comment s'est calmé l'orage?
UNE AUTRE
Quelle main salutaire a chassé le nuage
TOUT LE CHOEUR
L'aimable Esther a fait ce grand ouvrage.
UNE ISRAÉLITE, Seule.
De l'amour de son Dieu son cœur s'est embraséi Au péril d'une mort funeste Son zèle ardent s'est exposé :
Elle a parlé; le ciel a fait le reste.