‹ Théatre complet. Avec des remarques littéraires et un choix de notes classiquesChapitre 425 sur 459 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

JOSABETH, ZAGHARIE, SALOMITH,

' LE CHOEUR

JtOSABBTH.

Mais que vois-Je? Mon fils, quel sujet vous ramène! Où courez-vous ainsi tout paie et hors d'haleineT

ZACHARIE

O ma mère!

lOSABBTH.

Hé bieni quoi?

EACHARIE.

Le temple est profané 1 1

fOSABETH.

Comment?

XAGHARIE.

Et du Seigneur Tautel abandonné.

JOSABETH

Je tremble. Hàtez-yous d'éclaircir votre mère.

ZACHARIB.

Déjà, selon la loi. le grand-orètrs mon père,

1. Admironi comment, dès les premiers vera du secona acte, la (cène ett déjà tont en mouvement par cette irruption soudain? et imprérae d'Atbalie dans le temple. On va bientôt savoir les raisons de cette démuche étrange. Dans cette pièce, dont l'action est de la plus grande simplicité, rien os Uaguit : toat marche, sans remplis lago «t sans épisods. (OBorrRov.)

ACTK II. 689

Après avoir au Dieu qui nourrit les humains De la moisson nouvelle offert les premiers pain». Lui présentoit encore entre ses mains sanglantes Des victimes de paix les entrailles fumaatt:Jv Debout à ses côtés le jeune Éliacin Gomme moi le serroit en long habit de lin ; Et cependant du sang de la chair immolée Les prêtres arrosoient l'autel et l'assemblée : Dn bruit confus s'élève, et du peuple surpris Détourne tout à coup les yeux et les esprits. Une femme... Peut-on la nommer sans blasphème 1 Une femme... Cétoit Athalie elle-même.

JOSABBTH.

Qell

ZACHARIE

Dans un des parvis, aux hommes réservé, Cette femme superbe entre, le front levé. Et se préparoit même à passer les limites De l'enceinte sacrée ouverte aux seuls lévites. Le peuple s'épouvante, et fuit de toutes parts. Mon père... Ah ! quel courroux animoit ses regards ! Moïse k Pharaon parut moins formidable : « Reine, sors, a-t-il dit, de ce lieu redoutable , « D'où te bannit ton sexe et ton impiété, x Viens-tu du Dieu vivant braver la majesté 7 » La reine alors, sur lui jetant un oeil farouche. Pour blasphémer sans doute ouvroit déjà la bouche. J'ignore si de Dieu l'ange se dévoilant Est venu lui montrer un glaive étincelant ; Mais sa langue en sa bouche à l'instant s'est glacée, Et toute son audace a paru terrassée ; Ses yeux, comme effrayés, n'osoient se détourner t Soitout, Éliacin par^issoit l'étonner.

JOSABBTH.

Quoi doncT Éliacin a paru devant elle?

ZACHARIB.

Nous regardions tous deux cette reine cruelle. Et d'une égale horreur nos cœurs étoient frappés Mais les prêtres bientôt nous ont enveloppés t On nous a fait sortir. J'ignore tout le reste. Et venois vous conter ce désordre funeste.

aOO ATHALIB.

JOSABETH

Ah ! de nos bras sans doute elle vient l'arracher; Et c'est lui qu'à l'autel sa fureur vient chercher. Peut-être en ce moment l'objet de tant de larmes... Souviens-toi de David , Dieu , qui vois mes alarmes ':

SALOHITB.

Quel est-il, cet objet des pleurs que vous versez T

SACHAHII!.

Les jours d'Éliadn seroient-ils menacés?

SALOHITU.

Auroit-il de la reine attird la colère?

lACHARIB.

Que craint-on d'an enfant sans support et sans père?

JOSABETH

Ah ! la voici. Sortons t il la faut éviter. SCÈNE III.

ATHALIE, ABNER, AGAR, sditi d'athalie.

AOAR.

Madame, dans ces lieux pourquoi vous arr^.ter? Ici tous les objets vous blessent, vous irritent. Abandonnez ce temple aux prêtres qui l'habitent; Fuyez tout ce tumulte , et dans votre palais A vos sens agités venez rendre la paix.

ATHALIE

Non, je ne puis : tu vois mon trouble et ma foiblesse. Va, fais dire à Mathan qu'il vienne, qu'il se presse t Heureuse si je puis trouver par son secours Cette paix que je cherche, et qui me fuit toujours I

(Elle l'assied.)

Page 1