‹ Théatre complet. Avec des remarques littéraires et un choix de notes classiquesChapitre 456 sur 459 · JOAS, ATHALIE, JOAD, JOSABETH, ABNER · texte numérisé non relu

JOAS, ATHALIE, JOAD, JOSABETH, ABNER

SUITE d'ATHALIB.

(Joas est caché derrière le rideau.)

ATHALIE, i Joad.

Te voilà, séducteur, De ligues, de complots, pernicieux auteur. Qui dans le trouble seul as mis tes espérances, Éternel ennemi des suprêmes puissances I En l'appui de ton Dieu tu t'étois reposé : De ton espoir frivole es-tu désabusé?

Il laisse en mon pouvoir et ton temple et ta vie. Je devrois sur l'autel où ta main sacrifie Te... Mais du prix qu'on m'offre il faut me contenter. Ce que tu m'as promis, songe à l'exécuter : Cet enfant, ce trésor qu'il faut qu'on me remette, Où sont-ils?

JOAD

Sur-le-champ tu seras satisfaite:

Je te les vais montrer l'un et l'autre k la fois.

( Le rideau se tire. On voit Joas sur son trdne ; sa nourrice est à genoux à sa droite; Àxarias, l'épée à la main, est debout à sa gauche ; et près de lui Zacharie et Salomith sont i genoux sur les degrés du trâne; plusieurs lévites, l'épée à la main, sont rangée sur les cAtés.)

Paroisses, cher enfant, digne sang de nos rois. Connois-tu l'héritier du plus saint des monarques, Reine? De ton poignard connois du moins ces marques. Voilà ton roi, ton fils, le fils d'Ochozias. Peuples, et vous, Abner, reconnoissez Joas.

19* , ATHALIB.

ABNBR.

Hel!

ATHALIE, i Joad.

Perfide !

JOAD

Vois-tu cette Juive fidèle Dont tu sais bien qu'alors il suçoit la mamelle? Il fut par Josabeth à ta rage enlevé : Ce temple le reçut, et Dieu l'a conservé. Des trésors de David voilà ce qui me reste.

ATHALIE

Ta fourbe à cet enfant, traître, sera funeste. D'un fantôme odieux, soldats, délivrez-moi.

JOAD

Soldats du Dieu vivant, défendez votre roi.

( Le fond du théâtre s'ouvre : on voit le dedans du temple ; et les lévites armés entrent de tous côtés sur la scène.)

ATHALIE

Où suis-jeî O trahison! ô reine infortunée! D'armes et d'ennemis je suis environnée!

JOAD

Tes yeux cherchent en vain , tu ne peux échapper, Et Dieu de toutes parts a su t'envelopper. Ce Dieu que tu bravois en nos mains t'a livrée : Rends-lui compte du sang dont tu t'es enivrée.

ATHALIE

Quoi ! la peur a glacé mes indignes soldats !

LAche Abner, dans quel piège as-tu conduit mes pas?

ABNER

Reine, Dieu m'est témoin...

ATHALIE

Laisse là ton Dieu, traître Et venge moi.

ABNER, se jetant aux pieds de Joas.

Sur qui? Sur Joas ! sur mon maître l

ATHALIE

Lui Joas! lui ton roi! Songez, méchants, songez Que mes armes encor vous tiennent assiégés. J'entends à haute voix tout mon camp qui m'appelle. On vient à mon secours : tremblez , troupe rebelle I

ACTB V. Î35

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