‹ Théatre complet. Avec des remarques littéraires et un choix de notes classiquesChapitre 73 sur 459 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

De v'>lr toute la terre adorer votre amant.

PO RU s.

Seigneur, jusqu'à ce jour l'univers en alarmes Me forçoit d'admirer le bonheur de vos armes; Mais rien ne me forçoit , en ce commun effroi , De reconnoltre en vous plus de vertu qu'en moi. Je me rends; je vous cède une pleine victoire ; Vos vertus, je l'avoue, égalent votre gloire. Allez, seigneur, rangez l'univers sous vos lois; Il me verra moi-même appuyer vos exploits : Je vous suis; et je crois devoir tout entreprendre Pour lui donner un maître aussi grand qu'Alexandre.

CLÉOFILE.

Seigneur, que vous peut dire un cœur triste, abattu? Je ne murmure point contre votre vertu : Vous rendez à Porus la vie et la couronne; Je veux croire qu'ainsi votre gloire l'ordonne; Mais ne me pressez point : en l'état où je suis. Je ne puis que me taire, et pleurer mes ennuis.

ALEXANDRE

Oui, madame, pleurons un ami si fidèle; Faisons en soupirant éclater notre zèle ; Et qu'un tombeau superbe instruise l'avenir Et de votre douleur et de mon souvenir *.

1. ( Le grand défaut de cette pièce, dit Louis Racine, est on amonr qui en parott faire tout le nœud, tandis qu'un des plus glorieux exploits d'Alexandre n'en paroft que l'épisode. On étoit, lorsque cette pièce parut, si accoutumé à ces romans où les héros de l'antiquité étoient changés en de fades galants , qu'Alexandre même ne parut pas assez doucereux. Au reste , on reconnott ici une imitation continuelle de Corneille... *

Ajoutons que cette imitation est fort affaiblie, et qu'à l'exception de quelques beaux morceaux qui annoncent on poète , rien ne fait prévoir l'auteur de Phèdre et à'Athalie. (F. L.)

Fi:» DALKXAlfDRE.

ANDROMAQUE

TRAGÉDIE

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