ACTE IIL IS
ANDROHAQDE.
Hélas ! tout m'abandonne I
PHCENIX.
Allons, seigneur, marchons sur les pas d'Hermion^,
CÉPHISE
Quattendez-Toas? Rompez ce silence obstiné.
ANDROH&QUB.
Il a promis mon fils.
CÉPHISE
n ne l'a pas donné.
ANDROMAQDB.
Non , non , j'ai beau pleurer, sa mort est résolue.
PTRRHDS.
Daigne-t-elle sur nous tourner au moins la vue? Quel orgueil !
ANDROMAQtJB.
Je ne fais que l'irriter encor,
Sortons.
PYRRHUS
Allons aux Grecs livrer le '"^ :rHector. ANDROMAQUE, se jetant aux pieds de Fyrrhns Ah, seigneur! arrêtez! Que prétendez-vous faire? Si vous livrez le fils, livrez-leur donc la mère! Vos serments m'ont tantôt Juré tant d'amitié ! Dieux ! ne pourrai-je au moins toucher votre pitiéî Sans espoir de pardon m'avez-vous condamnée?
PTRRHDS.
Phœnix tous le dira, ma parole est donnée.
ANDROHAQDE.
Vous qui braviez pour moi tant de périls divers !
PTRRHLS.
rétois aveugle alors; mes yeux se sont ouverts. Sa grâce à vos désirs pouvoit être accordée ; IVIais vous ne l'avez pas seulement demandée t C'en est fait.
ANDROMAQDE.
Ah ! seigneur! vous entendiez assez Des soupirs qui craignoient de se voir repoussés. Pardonnez à l'éclat d'une illustre fortune Ce reste de fierté qui craint d'être importune. Vous ne l'ignorez pas : Andromaque, sans vous, N'auroit jamais d'un maître embrassé les genoux.
158 ANDROMAQUB.
PTRRHUI.
Non , vous me haïssez ; et dans le fond de l'âme Vous craignez de devoir quelque chose à ma flammSi Ce fils môme, ce fils, l'objet de tant de soins. Si je l'avois sauvé, vous l'en aimeriez moins- La haine, le mépris, contre moi tout s'assemble; Vous me haïssez plus que tous les Grecs ensemble. Jouissez à loisir d'un si noble courroux. AlloQS, Phœnix.
ANDROMAQUE
Allons rejoindre mon époux.
CÉPHISE
Madame...
ANDROMAQUE, à CépWse,
Et que veux-tu que je lui dise encore? Auteur de tous mes maux, crois-tu qu'il les ignore?
(A Pyrrhus.) Seigneur, voyez l'état où vous me réduisez. J'ai vu mon père mort et nos murs embrasés; Jai vu trancher les jours de ma famille entière. Et mon époux sanglant traîné sur la poussière. Son fils seul avec moi, réservé pour les fers. Mais que ne peut un fils! Je respire, je sers. J'ai fait plus; je me suis quelquefois consolée Qu'ici, plutôt qu'ailleurs, le sort m'eût exilée; Qu'heureux dans son malheur, le fils de tant de rois» * Puisqu'il devoit servir, fût tombé sous vos lois : J'ai cru que sa prison devicndroit son asile. Jadis Priam soumis fut respecté d'Achille : J'attendois de son fils encor plus de bonté. Pardonne, cher Hector, à ma crédulité!
Je n'ai pu soupçonner ton ennemi d'un crime; Malgré lui-même enfin je l'ai cru magnanime. Ah ! s'il l'étoit assez pour nous laisser du moin» Au tombeau qu'à ta cendre ont élevé mes soins, Kt que, finissant là sa haine et nos misères , Il ne séparât point des dépouilles si chères*!
PYRRHUS
Va m'attendre, Phœnix.
1 . Voltaire , Laharpe et Geoffroy regar Jent ce discours d'Aadro* Hiaque comme l'un des plus pathétiques du thé&tre de Racin».
A.CTB III. in