‹ Théâtre complet de Auguste VacquerieChapitre 1 sur 165 · LE CHANTEUR · texte numérisé non relu

LE CHANTEUR

Le plongeur sur qui la vague déferle

M'a crié du fond des gouffres grondants :

« Contre Maria, veux-tu cette perle? »

— « Merci, fils! j'en ai trente-deux : ses dents. »

Hier, la nuit brodait de soleils ses voiles. . Le roi des Gypsis, me montrant les cieux, M'a dit : « Je la veux! choisis deux étoiles! » J'ai dit : « J'ai les deux plus belles : ses yeux, »

Elle émeut la brute, et l'herbe, et la pierre. Le portier du ciel m'a dit : « A mon tour ! Prends le paradis! » J'ai dit à saint Pierre : « J'ai le paradis, puisque j'ai l'amour! »

TRAGALD ABAS.

— « Ta fais bien ! son ciel n'est guère enviable ! M'a dit un seigneur parlant d'un ton doux:; Prends plutôt l'enfer! » J'ai dit : « Merci, diable; J'ai l'enfer aussi, car je suis jaloux ! »

UN CAVALIER, à une dame. *

C'est comme moi.

LE C H AN TE UR, faisant la quête une bourse à la main.

Daignez, senor...

LE CAVALIER, lui donnant.

Voici l'offrande

De mon enfer.

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