‹ Théâtre complet de Auguste VacquerieChapitre 12 sur 165 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Un joug que t'imposa la force? Il est toujours

L'heure de s'arracher à ce qui nous opprime !

Le mal doit-il durer parce qu'il est? Le crime

Oppose-t-il au droit l'antériorité ?

Le malade dit-il : trop tard! à la santé?

Trop tard! c'est ce qu'on peut dire quand on est vieille.

Trop tard pour vivre, à l'âge où ton âme s'éveille !

Trop tard! quand ton cœur naît! quand tu n'as pas vingt ans!

Le jour meurt-il à l'aube et l'année au printemps?

DON A CAPRINA.

A quoi bon me tenter? — D'abord, pour être heureuse, On n'a pas tant que ça besoin . d'être amoureuse ; Ce que j'ai de lumière et d'air, moi, me suffit. Puis, quand j'en voudrais plus, ce serait sans profit Pour vous.

DON ELISEO.

Comment ?

DON A CAPRIN A.

Quand même une métamorphose Me ferait telle un jour que votre espoir suppose, Quand je me laisserais prendre à votre chanson, Quelle femme douée encor de sa raison Exposerait sa vie, et mieux, sa renommée, Sans être sûre au moins qu'elle est vraiment aimée ?

DON ELISEO.

Je vous aime vraiment.

DONA CAPRINA.

Qui me le prouve ?

TRAGALDABAS

DON ELISEO.

Tout !

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