ACTE SIXIÈME. 255 DON A BEATRIZ
Pas tous !
LE ROI
Pourquoi?
DON A BEATRIZ.
Trois ou quatre suffiront contre un seul homme. Et s'il en venait d'autres ?
LE ROI, à Mudarra.
Vite ! (Mudarra se précipite avec quatre arbalétriers.)
DON A BEATRIZ.
Pourvu qu'on l'atteigne !
DON JORGE, à part.
Frapper maintenant, impossible ! (Rentre Madarra.)
LE ROI
Eh bien !
MUDARRA
Personne.
DONA BEATRIZ.
Il était déjà parti.
MUDARRA
Pas par cet escalier, toujours. La porte de la rue était fermée en dedans.
DONA BEATRIZ.
Ah ! ce n'est peut-être pas par cet escalier qu'il s'est échappé. Nous étions si bouleversés de votre péril, Jorge et moi, que nous n'avons pas très bien vu.
En effet, maintenant, il me semble plutôt qu'il a pris par ici.
LE ROI
Par ici? Mudarra et Diego l'auraient vu.
Personne n'est sorti par ici.
DON A BEATRÏZ.
Je vous dis que nous n'avons pas très bien vu. Et puis, je dis, moi, qu'il venait pour vous tuer, je l'ignore. Rien ne le prouve. Il n'avait peut-être pas une intention méchante. Les femmes crient pour rien. C'était sans doute un ouvrier qui travaillait au palais. En nous voyant, il s'est retiré par discrétion. Oui, il n'avait pas l'air d'un homme qui va commettre un crime. 11 avait une figure très honnête. J'ai eu tort de vous déranger. N'y pensons plus.
(Le roi regarde fixement don Jorge.)
DON JORGE
C'est moi.
(Aussitôt des arbalétriers se jettent entre le roi et don Jorge.) DON A BEATRIZ.
Non !
LE ROI
Ah ! tu l'avoues ?
DON JORGE
Je m'en vante !
LE ROI
Un parchemin ! (On en met un sar une table.)