ACTE TROISIÈME. 5 DON A CAPRIN A, entrant
Tu veux me parler?
TRAGALDABAS, cachant le bouquet derrière son dos.
Oui!
DON A CAPRINA.
J'écoute.
TRAGALDABAS
Il est des jours Où c'est en vain que l'homme appelle à son secours Les plus forts arguments de la philosophie...
D O N A CAPRINA.
Répète.
TRAGALDABAS
Où c'est en vain...
DON A CAPRINA.
Ah çà, que signifie Ce style, et d'où te vient cet affreux pli du front Dont tu n'as pas besoin ?
TRAGALDABAS, démasquant le bouquet.
Ces fleurs te le diront !
DON A CAPRINA.
Elles sont pour moi?
TRAGALDABAS
Certe !
Elle tend la main. Il retire le bouquet.
DONA CAPRINA
Eh bien i
TRAGALD AB AS.
TRAG ALDABAS.
Tes caméristes Me ricanent au nez, et mes amis sont tristes ! Aurais-tu compromis ma réputation?
Je demande — d'abord — une explication. De qui vient ce bouquet?
DON A CAPRIN A.
C'est moi que ça regarde.
TRAGALDAB AS.
D'un amant !
DON A CAPRIN A.
Mais tu vas le froisser, prends donc garde.
Elle le lui ôte.
Ce serait d'un amant, tu n'es pas mon mari.
TRAGALD AB AS.
On croit que je le suis !
DON A CAPRIN A.
Nous avons assez ri, Parlons. Et, s'il se peut, d'une façon civile.
Elle s'assied et lui montre un tabouret.
Ici. — Lorsque je t'ai fait venir de Séville, Que faisais-tu ?
TRAGALD ABAS.
J'avais un métier, je jouais. do5a caprixa.
Les dés ne tombaient pas souvent à tes souhaits ; Étais-tu maigre !
TRAGALD ABAS.
On triche !