SCENE II
MINOTORO, G III F.
GR IF. Il cherche quelqu'un, aperçoit Minotoro, va s'asseoir en face de lui et frappe sur la table.
Enfin!
GRIF, au garçon.
Du même vin.
MINOTORO.
J'admire ta façon
D'être exact.
GRIF.
C'est que...
Garçon !
TRAGALDABAS
MINOTORO.
Soit. — Et les...
GRIF, lui montrant le garçon qui revient.
Chut!
Le garçon sert et s'en va.
MINOTORO.
Et les autres?
GRIF.
Seul ! — Tant que ça se passe en mots, ils sont des nôtres ; Mais ils s'empressent moins de s'exposer aux coups.
M IXOTORO.
Tant mieux! toute la somme alors sera pour nous. Nous suffirons.
GRIF.
Sortant de voir tant d'apathie, Je ne m'attends plus guère à gagner la partie.
MINOTORO.
Je m'attends toujours fort à la perdre.
GRIF.
Comment !
MINOTORO.
D'abord, mon cher, le peuple aime le changement ; Puis, l'ancien gouverneur, dont nous servons la cause, A le juger sans haine, était un pas grand'chose ; Croire que tout Cadiz contre son successeur Va s'insurger pour lui — serait d'une épaisseur D'esprit particulière.