ACTE TROISIÈME
Mais, si Ton est habile, on gagne le pari, Et l'ébauche d'amant se termine en mari. C'est ce qu'en ce moment je travaille à produire. Et tu verras bientôt si j'avais tort de dire Que le meilleur moyen qui se puisse employer Pour trouver un mari, c'est de se marier!
TR A GALDAB AS.
Ah çà, mais moi, je joue un rôle assez baroque! Merci! je suis ton ver! et j'attends qu'on me croque! Qui m'a valu l'honneur de ton choix?
D ON A CAPRIN A.
Il fallait
Quelqu'un de pas très beau, plutôt même de laid,
Qu'on pût croire un mari, mais jamais autre chose ;
Il fallait, — et, mon cher, pardonne-moi si j'ose,
Même après que j'ai vu ton indignation,
Penser que tu remplis cette condition, —
Il fallait un ami sans farouche scrupule
Qui ne s'avisât pas d'un éclat ridicule
Et pour quelques galants n'allât pas me quitter.
Conviens que j'ai raison et que tu vas rester
Mon bon mari?
TR AGALDABAS.
Mari n'est pas un euphémisme ?
DON A CAPRIN A.
Ah! mais, mon cher!...
TRA GALDAB AS.
Je suis enclin à l'optimisme ;
Toutefois...
TRAGALDABAS
DON A CAPRIN A.
Ce n'est plus, d'ailleurs, pour bien longtemps.
TRAGALDABAS, à part.
Eh !
DON A CAPRIN A.
Si ta vertu souffre autant que tu prétends, Tu vas redevenir mon cousin. Un jeune homme, D'un grand nom, riche, beau, que j'aime...
TRAGALDABAS
Et qui se nomme
Eliseo ...
D 0 5 A CAPRIN A.
Tu sais?
TRAGALDABAS
Poursuis.
DON A CAPRIN A.
De son côté
Il m'aime, et tu seras bientôt en liberté, Car l'amour vrai succède au caprice égoïste, Et don Eliseo de jour en jour s'attriste De ce qui l'attira.
TRAGALD AB A S.
Tu dis?
DON A GAPRINA.
Qu'il te verrait Dorénavant mourir, mon cher, sans nul regret!
TRAGALDABAS, éclatant de rire. ^
Non, c'est trop drôle !