ACTE TROISIÈME
TRAGALDABAS
Si je vous cède, Jurez-vous de ne pas me proposer votre aide?
DON ELISEO.
Mais...
TRAGALDAB AS.
Je refuserais, d'ailleurs. Donc, je subis Votre exigence. Eh bien, l'horreur de mes habits Ne compte que parmi mes tristesses cadettes : Mon aînée est que j'ai trois cents ducats de dettes.
DON ELISEO, commençant à comprendre.
Ah!
TRAGALDABAS
J'ai joué, senor, et les dettes de jeu, Vous savez, c'est pressant.
DON ELISEO, à part.
Voyons.
TRAGALDABAS, levanf la fiole.
Bonsoir!
Don Eliseo ne fait aucun mouvement. Tragaldebas abaisse son bras de lui-même.
DON ELISEO, à part.
Parbleu !
C'est une variante au mot qui vous convie
Aux dons forcés; il dit, lui : « Ta bourse ou ma vie! »
TRAGALDABAS, à part.
Il me .laisse le bras en l'air. Douterait-il? De l'aplomb !
A don Eliseo.
Il me vient un soupçon bas et vil.
82 TRAGALDABAS
Est-ce que, ces ducats que l'honneur veut qu'on rende, Vous vous figureriez que je vous les demande?
DON ELISEO.
Je vous les donnerai.
TRAGALDABAS
Mais oui ! vous le pensez.
Ciel!
DON ELISEO, recommençant à être inquiet.
Mais si ce n'est pas pour que je paye...
Assez !
Je suis un mendiant, moi! Tu l'entends, ma fiole! Une aumône! Il est temps que mon âme s'envole!
Tl va pour boire.
DON ELISEO, se jetant sur son bras.
Non !
TRAGALDABAS
' Si!
DON ELISEO.
Non !
DON A CAPRIN A, entrant.
Quel bruit !
Elle aperçoit don Eliseo.
Lui!
TRAGALDABAS, bas à don Eliseo.
J'accepte.