‹ Théâtre complet de Auguste VacquerieChapitre 61 sur 165 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

MINOTORO, JACINTHA, GRIF.

Entrée lugubre. Minotoro furieux et agitant un gros bouquet, Jacintha ennuyée, Grif sinistre. Après un temps, Jacintha relève la tête.

JACINTHA

Vraiment, nous devenons d'une gaîté trop folle.

Allant à Grif.

Voyons, cher Grif.

GRIF, tête et bras pendants.

Hélas!

JACINTHA, allant à Minotoro.

Toi, Min!

MINOTORO, brandissant son bouquet.

Hun!

TRAGALDABAS

JACINTHA

Ma parole,

C'est assommant! Yoilà pourquoi vous m'amenez!

On rêve de bateaux, de danses, de dîners,

Et de deux cavaliers cherchant, bourses ouvertes,

Quelles félicités peuvent vous être offertes

Et joyeux d'employer tous leurs maravédis

A vous faire sur terre un jour de paradis;

Et quand on vient, avec sa robe des dimanches,

L'un en saule pleureur laisse tomber ses branches,

L'autre veut vous percer le cœur de son bouquet!

Retournant à Grif.

Voyons, Grif, entendez raison.

GRIF.

Un freluquet!

JACINTHA

Les duels ne prennent pas tous les jours la tournure Qu'on leur souhaiterait. Pour une égratignure...

. ' GRIF.

Égratignure !

JACINTHA

Non, blessure...

GRIF.

Un élégant,

Qui m'a flanqué cela sans même ôter son gant ! Un gaillard à la mode ! un promeneur de femme ! Un roucouleur! J'en ai, le soir, puni ma lame. Crac! — Et j'étais allé chercher moi-même exprès Ce galant! c'est très gai. Tenez, je couperais

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