‹ Théâtre complet de Auguste VacquerieChapitre 91 sur 165 · ACTE CINQUIÈME. 149 TRAGALD AB AS, à don Eliseo · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME. 149 TRAGALD AB AS, à don Eliseo

Je n'ai pas besoin de vous faire observer Que, si j'étais tué, ma femme serait veuve.

DON ELISEO.

C'est une vérité qui se passe de preuve.

TRAGALD ABAS.

Veuve, par conséquent libre. Un coup meurtrier Lui donnerait le droit de se remarier.

DON ELISEO.

A qui le dites-vous?

^ TRAGALD ABAS, à part.

C'est certain! Je rabâche.

Il ôte son habit tout à fait. A Minotoro.

Çà, je t'attends!

Grif les place et engage les épées.

GRIF.

Allez.

MINOTORO.

Oh! pour cette fois!

Au pre mier dégagement de Minotoro, Tragaldabas, hérissé de terreur, jette son épée et se précipite rageusement sur don Eliseo.

TRAGALDABAS

Lâche !

Comment?

TRAGALDABAS

Il me laissait tuer! J'ai vu la mort!

Ah Dieu! j'allais, croyant que nous étions d'accord!

150 TR AGALDAB AS.

11 ne veut même plus payer pour moi, l'infâme ! Poltron ! gratte-liard, pauvre ! amant de ma femme !

MINOTORO.

En as-tu pour longtemps?

T R AGALDAB AS.

Mon bon Minotoro, C'est à lui que j'en ai, non à toi.

A don Eliseo, en remettant son habit.

Va, zéro!

Va, lièvre! Il est, avec sa mine de bravache, Aussi lâche que moi !

MINOTORO.

Faut-il qu'on te cravache La face de ce fer, pour que ta lâcheté Se batte enfin?

TRAGALDABAS

Un duel? moi! J'avais accepté Parce que je croyais qu'il aurait pris ma place, Mais je ne me bats pas moi-même.

MINOTORO.

Je me lasse De t'attendre! C'est dit, tu ne te défends pas? Alors, tant pis pour toi !

Il lève l'épée. Tragaldabas se réfugie derrière don Eliseo. TR AGALD AB AS.

Mais il me tue !

DON ELISEO, souriant.'

Hélas!

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