‹ Théâtre complet de Beaumarchais, réimpr. des éd. princeps, avec les variantes des MSS. originaux (volume 2)Chapitre 56 sur 184 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Le BARON, Madame MURER.

Madame Murer, d'un ton sombre.

Eh bien, Monsieur, étes-vous satisÊdt? Il s'en est peu Mu que votre fille ne soit morte de frayeur.

Lb Baron s'assied sans rien dire près de la table, et s* appuyé la tête sur les mains d'un air accablé.

Madame Murer, continuant.

Des éclats! de la fureur 1 sans choix de personnes.

Le Baron» sourdement.

Ceux qui ont fait le mal le reprochent aux autres.

Madame Murer.

Un homme livré à ses emportemens.

Le Baron, désespéré.

Vous abusez de mon état et de ma patience. Vous avez juré de me &ire mourir de chagrin. Laissez-nous, gardez votre héritage; il est trop cher : aussi bien ma malheureuse fille n'en aura-t-eUe peut-être bientôt plus besoin. {Use lève et se promène avec égarement.)

Madame Murer.

Vous n'avez jamais su prendre un parti.

Le Baron.

Je l'ai pris, mon parti.

Madame Murer.

Quel est-il?

Le Baron, marchant plus vîte et gesticulant violemment..

J'irai à la Cour... oui, je vais y aller... Je tombe aux pieds du Roi ; il ne me rejettera pas. {Madame Murer hoche de la tête.) Et pourquoi me rejetterait-il? Il est père... Je l'ai vu embrasser ses enfans*.

Madame Murer.

La belle idée! Et que lui direz-vous?

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