‹ Théâtre complet de Beaumarchais, réimpr. des éd. princeps, avec les variantes des MSS. originaux (volume 2)Chapitre 67 sur 184 · SCENE XVII · texte numérisé non relu

SCENE XVII

Madame MURER, LE BARON, SIR CHARLES, LES GENS, BETSY, LE COMTE, EUGÉNIE.

Eugénie, au bruit , ouvre sa porte^ ety retenant le Comte^ dit: Ils sont armés 1 O Dieux 1 ne sortez pas.

Le Comte, la repoussant.

Je suis trahi, (il Sir Charles.) Mon ami^ donnez-moi mon épée. {Sir Charles , qui tient toujours son épée nue^ court se saisir de celle du Comte.)

I Eugénie, effrayée.

C'est mon frère 1

^'^•" I Le Comte.

en tnêtne

tems. l Son frère ?

Sir Charles, /uTfViijr.

Oui, son frère.

Le CoiCTE, à Eugénie avec mépris.

Ainsi donc vous m'attiriez dans un piège abominable !

Eugénie, troublée.

Il m'accuse !

Le Comte.

Votre colère, vos dédains n'étaient qu'une feinte pour leur donner le loisir de me surprendre.

Eugénie tombant mourante sur un fauteuil^ Betsy ta

soutient.

Voilà le dernier malheur.

Madame Murer, au Comte.

Tous ces discours sont inutiles : il &ut l'épouser sur le champ, ou périr*

Le Comte, avec indignation.

Je céderais au vil motif de la crainte? Ma main serait le fruit d'une basse capitulation?... Jamais.

Madame Murer.

Qu'as-tu donc promis tout-à-l'heure?

Le Comte, sur le même ton.

Je rendais hommage à la vertu malheureuse : sa douleur était plus forte qu'un million de bras armés. Elle amollissait mon cœur, elle allait triompher; mais je méprise des assassins.

Le Baron.

M*as-tu cru capable de Têtre? Juges-tu de moi par le déshonneur où tu nous plonges?

Madame Murer, fortement, aux valets.

Saisissez-le.

Sir Charles se jette entre le Comte et les valets.

Arrêtez.

Madame Murer, plus fort.

Saisissez-le, vous dis-je.

Sm Charles, (tune voix et éHun geste terrible. Le premier qui îdSi un pas...

Le Baron, aux valets.

Laissez faire mon fils.

Madame Murer va sejetter sur un fauteuil en<roisant ses mains sur son front comme une personne au désespoir.

Sir Charles, au Comte ^ du ton d*un homme qui contient

une grande colère.

Ma présence vous rend ici, Milord, ce que vous avez fiiit

pour moi: nous sommes quittes. Les moyens qu'on emploie contre vous sont indignes de gens de notre ét^t. Voilà votre épée. (// la luiprésente.) Cest désormais contre moi seul que vous en ferez usage. Vous êtes libre, Milord, sortez. Je vais assurer votre retraite : nous nous verrons demain.

Le Comte, étonné, regardant Eugénie et Sir Charles tourautour s dit à plusieurs reprises :

Monsieur, je., j'y compte... je vous attendrai cher moi*. (// regarde de nouveau Eugénie en soupirant comme un homme désolé. Il sort par la porte du jardin ; le Baron retient les valets et lui livre le passage,)

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