‹ Théâtre complet de Beaumarchais, réimpr. des éd. princeps, avec les variantes des MSS. originauxChapitre 69 sur 167 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

SUZANNE, FIGARO regardant avec mystère.

Cette scène doit marcher trèS'Chaudement,

Suzanne.

Entre donc, Figaro I tu prends l'air d'un amant en bonne fortune chez ta femme I

Figaro.

Peut-on vous parler librement?

Suzanne.

Oui| si la porte reste ouverte.

LA MÈRE COUPABLE. %og

Figaro.

Eh I pourquoi cette précaution ?

Suzanne.

Cest que Thomme dont il s*agit peut entrer d*un moment à Tautre.

Figaro V

Honoré Tartuffe Bégearss?

Suzanne.

Et c'est un rendez-vous donné. — Ne t'accoutumes donc pas à charger son nom d'épithètes : cela peut se redire et nuire à tes projets.

Il s'appelle Honoré!

Suzanne.

Mais non pas Tartuffe.

Figaro.

Morbleu !

Suzanne.

Tu as le ton bien soucieux I

Figaro.

Furieux. (Elle se lève.) Est-ce U notre convention?

M'aidez-vous franchement, Suzanne, & prévenir un grand désordre? Serais -tu dupe encore de ce très -méchant homme ?

Suzanne.

Non, mais je crois qu'il se méfie de moi : il ne me dit plus rien. J'ai peur, en vérité, qu'il ne nous croie raccommodés.

Figaro.

Feignons toujours d*étre brouillés.

Suzanne.

Mais qu'as -tu donc appris qui te donne une telle humeur 1

Figaro.

Recordons-nous d'abord sur les principes. Depuis que

nous sommes à Paris, et que M. Almaviva (il fieiut bien

lui donner son nom , puisqu'il ne souffre plus qu'on l'ap* pelle Monseigneur.)

Suzanne, avec humeur.

C'est beau! et Madame sort sans livrée ! Nous avons Tair de tout le monde !

Figaro.

Aimeriez-vous mieux n'avoir l'air de personne * ? Depuis, dis-je, qu'il a perdu, par une querelle de jeu, son libertin de fils atné, tu sais comment tout a changé pour nous, comme l'humeur d' Almaviva est devenue sombre et terrible

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