ACTE PREMIER 1î
Lis-le-moi...
MADAME GHAMBERT.
Vraiment, tu ne peux pas sortir ?
GHAMBERT.
Mais non... Jusqu'à ce qu'elles soient dans Uhypo. 11 es' 1 ong ?
MADAME G H A J( B E R T
Quoi?
GHAMBERT.
L'article.
V A DAME G iï /. M B E R T .
Six lignes.
Alors, lis-le-moi.
MADAME GHAMBERT.
Voilà. {Elle lit.) « Un journal de Paris annonce que M. Henri Chambert, le fabricant d'équipements militaires bien connu... » Tu entends?
GHAMBERT.
Très bien, après?
MADAME CHAMBERT
« ...bien connu et fils de notre honoré concitoyen, M. Lucien Chambert, ancien magistrat... »
GHAMBERT.
Comment?
MADAME GHAMBERT.
... Et fils de notre honoré concitoyen, M. Lucien Chambert, ancien magistrat, vient de se rendre adjudicataire... adjudicataire... d'une importante commande du ministère de la Guerre... » Tu as compris?
GHAMBERT.
Oui.
MONIQUR.
Ainsi, c'est sur le journal I
MADAME C H A M B E R T
Oui.
MONIQUE, haineuse.
FAle est arrivée à ce qu'elle voulait.
Parait M. Chamberf, sortant de sa chambre noire. Il a soixante-six ans. Favoris et cheveux blancs. Vêtu avec une propreté méliculeiise et une certaine recherche. L'air d'un très brave homme. Lunettes pour voir de près. Il entre en remuant une cuvette noire de photographe. Il la pose sur la table.
CHAMBERT, en retirant son tablier de jardinier.
En voilà un événement! [Il reprend sa cuvette qu'il ne cesse d'agiter pendant ce quisuit.)Yojons.,. Fais-moi voir... Où est-ce ?
MADAME CHAMBERT, lui tendant le journal. Il m.
CHAMBERT
Sapristi! une commande de cette importance-là, sans capitaux.
MADAME CHAMBERT
Il t'a dit qu'elle était importante?...
Oui.
M 0 M Q lî E .
Quel besoin a-t-il de se lancer dans de si grandes .'((îaircs ?
MADAME (IH AMBFRT.
C'est une idée de Régine.
MONIQUE
Naturellement.