‹ Théatre complet de BrieuxChapitre 182 sur 226 · A D A M E C II A M D E R T · texte numérisé non relu

A D A M E C II A M D E R T

Vous avez annoncé à mon fils votre intention d'aller nous voir ce soir. Je viens vous prévenir que cette démarche serait inutile, et j'ai tenu à vous le dire tout de suite pour ne pas vous laisser espérer plus longtemps une réconciliation qui ne peut pas être.

RÉGINE, humble.

Si Henri la désire, cependant.

M A DAME f : II A M B E R T .

Il ne la désire pas.

RÉGINE, avec aigreur.

Je sais qu'il n'a d'autre volonté que la vôtre. Eh bien, c'est vous que je voudrais convaincre. La séparation, c e sera le malheur de ma fille, de Henri et le mien.

MADAME CHAMBERT

J'ai l'opinion tout opposée.

RÉGINE

Ma faute n'a pas la gravité que Henri vous a dite.

MADAME CHAMBERT

Je vous en prie, épargnez-moi une discussion sur ce sujet.

RÉGINE

Je ne prétends pas être sans reproches. Mais, si je me repens sincèrement, si je vous jure de me modifier, de m'améliorer, si je vous promets de quitter ce milieu malsain où nous vivions, ne consentiriez-vous pas à m'écouter?...

MADAME CHAMBERT

Ce serait inutile.

RÉGINE

Vous croyez que je mens?

MADAME CHAMBERT

Je ne dis pas que vous n'êtes pas sincère en ce moment, mais je suis convaincue que, si nous cédions, tout serait à recommencer dans un délai plus ou moins long.

RÉGINE

Madame, ne soyez pas inflexible. La religion commande l'indulgence et le pardon. Ne m'enlevez pas mon mari. Je vous en prie à mains jointes! Réfléchissez : il y a une famille : Henri, moi, notre enfant. Ne la détruisez pas. Je vous jure que Henri sera malheureu.v sans moi.

MADAME CHAMBERT

Moi, je crois au contraire qu'il serait malheureux avec vous.

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