SCÈNE III Les Mêmes, LE DOCTEUR, puis LAURENCE
En bien ! on ne rit pas ici ? V
MONSIEUR et MADAME MARSANNE.
Comment? Pourquoi?
LE DOCTEUR
Vous ne savez donc rien ? Notre gaillard est tiré d'affaire.
MONSIEUR et MADAME MARSANNE.
Oui! Vraiment! docteur?
LE DOCTEUR
Ouf! Je puis bien vous avouer maintenant que j'ai été terriblement inquiet... Où est Raymond?
MONSIEUR et MADAME MARSANNE.
II est allé vous chercher... le petit était plus mal...
LE DOCTEUR
Lorsqu'il va rentrer, mon ami Raymond, il va avoir une fière joie... Ah ! il n'y a pas besoin d'être médecin pour savoir où nous en sommes. Tout à l'heure, rien qu'en ouvrant la porte de la chambre, j'ai vu de loin notre petit bonhomme avec une figure toute autre. La coloration violacée avait disparu; les pauvres petites ailes du nez ne battaient plus. Je me suis approché : la main était fraîche, la fièvre tombée, et le bébé dormait. Dans quinze jours, il jouera au cerceau... Allez le voir... mais doucement... Voici madame de Girieu; elle n'en croyait pas son bonheur...
LAURENCE
Je n'ose pas encore trop me réjouir...
LE DOCTEUR, à M. et madame Marsanne.
Allez, allez... Vous verrez le changement depuis hier soir... Vous savez, on peut dire du mal des médecins tant qu'on voudra; il y en a encore beaucoup qui, à ma place, seraient aussi heureux que je le suis... et je suis content, je vous en donne ma parole I
M. et madame Marsanne sortent à droite.