SCENE IV
SIMONE, MICHEL, puis SERGEAC.
uicHEi, les mains tendues.
Bonjour, Simone.
SIMONE
Bonjour, Michel.
JII C H E L .
Est-ce qu'il est survenu quelque chose d'anormal ?
Non, pourquoi?
MICHEL
Mon père m'a envoyé à Paris une dépêche, me disant : « Ne passe pas chez les Sergeac avant de m'avoir vu. »
SIMONE
Alors?
MICHEL
J'ai pris le train précédant celui qui devait m'amener et me voici. Seulement, je n'ai que quelques minutes. \ Alors, rien qui puisse nous tourmenter ?
SIMONE
Rien. Nous sommes revenus de Gênes tout à l'heure. Nous avons fait une trouvaille, figurez-vous : un cadre de triptyque sculpté, admirable, et qui s'adapte à merveille au portrait de maman que je vous ai montré, vous vous rappelez ?
130 SIMONE
Mil'. H EL.
Certes.
Sur les volets je placerais deux petits souvenirs d'elle que mon grand-père Lorsy m'a donnés... Quand je veux réfléchir, rêver, je vais dans ce petit coin, devant elle... Je me récite à moi-même tout ce que je sais d'elle... Je me rappelle les paroles par lesquelles mon perc m'a appris à l'aimer... C'est apaisant comme une prière. Je vous dirai cela en détnl, plus tard. Vous avez reçu ma lettre ?
M I C II lî L .
Oui.
SIMONE
Vous consentez à ce que je vous demandais?
MICHEL
De grand cœur.
SIMONE
Merci... Alors, c'est demain?
MICHEL
S'il n'y a rien de changé, c'est demain que mon père viendra chercher la réponse de M. de Sergeac... et la vôtre.
Que pourrait-il y avoir de changé ?
MICHEL
Je ne sais pas. Cette dépêche de mon père m'intrigue.
SIMONE
S'il allait ne plus consentir à notre union ?
MICHEL
Ce n'est pas cela qui modifierait ma volonté. Mais de votre côté, ne redoutez-vous aucune résistance ? Avez- \ous parlé à M. de Sergeac ?