‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 123 sur 307 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

que c'est un imbécile, ce qui est exact d'ailleurs, et Paul

va me pousser. (Se regardant dans la glace.) AUoUS, alloUS, je

ferai un assez joli sous-secrétaire d'État. —Le regard vague et le sourire nuageux, voilà ce que je dois apprendre. Je m'exerce. J'ai le reste, de la prestance, de la dignité, encore des cheveux, pas trop de ventre, assez... pas trop... (ii

aperçoit dans la glace madame Bienassis, qui est sortie du cabinet furtivement, et qui attend le moment de se présenter.) Hcin ! qUOi ? qu'eSt-Ce ?

quelqu'un ici?

MADAME BIENASSIS, saluant *.

Madame Bienassis...

PICAUD, vivement.

Que me voulez-vous?

MADAME BIENASSIS

Femme d'un de vos employés les plus dévoués.

PICAUD, passant à son bureau .

Gela m'est égal.

MADAME BIENASSIS

Vous entendrez une pauvre mère de famille...

PICAUD

Je ne reçois pas.

MADAME BIENASSIS

Qui vient solliciter pour son mari.

PICAUD

Je n'admets pas les sollicitations.

• Madame BienasBis, Picaud.

** Picaud, madame Bienassis.

MADAME BIENASSIS

Nous n'avons point cherclié de protection.

Je ne subis aucune influence, madame.

MADAME BIENASSIS

Je le sais, monsieur le chef de division. Tous vos employés connaissent votre justice.

PICAUD

Alors vous n'avez plus rien à me dire?

MADAME BIENASSIS

Si je vous suppliais...

PICAUD

Ce serait inutile : j"ai des travaux urgents.

11 lui tourne le dos, s'assied à son bureau, et sonne. MADAME BIENASSIS.

Vous n'êtes pas galant, monsieur.

PICAUD

Ce n'est pas mon métier, madame. (Eiie son lememeni. .n

s"essuyantles yeux, pendant que Galardon, qui entre, la regarde avec élonni'munl.

Qui a introduit madame?

GALARDON

Ce n'est pas moi, monsieur le chef de division.

PICAUD

Je ne suis donc plus en sûreté chez moi.

GALARD ON

Je ne sais comment cela se fait.

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