ACTE DEUXIÈME
que c'est un imbécile, ce qui est exact d'ailleurs, et Paul
va me pousser. (Se regardant dans la glace.) AUoUS, alloUS, je
ferai un assez joli sous-secrétaire d'État. —Le regard vague et le sourire nuageux, voilà ce que je dois apprendre. Je m'exerce. J'ai le reste, de la prestance, de la dignité, encore des cheveux, pas trop de ventre, assez... pas trop... (ii
aperçoit dans la glace madame Bienassis, qui est sortie du cabinet furtivement, et qui attend le moment de se présenter.) Hcin ! qUOi ? qu'eSt-Ce ?
quelqu'un ici?
MADAME BIENASSIS, saluant *.
Madame Bienassis...
PICAUD, vivement.
Que me voulez-vous?
MADAME BIENASSIS
Femme d'un de vos employés les plus dévoués.
PICAUD, passant à son bureau .
Gela m'est égal.
MADAME BIENASSIS
Vous entendrez une pauvre mère de famille...
PICAUD
Je ne reçois pas.
MADAME BIENASSIS
Qui vient solliciter pour son mari.
PICAUD
Je n'admets pas les sollicitations.
• Madame BienasBis, Picaud.
** Picaud, madame Bienassis.
MADAME BIENASSIS
Nous n'avons point cherclié de protection.
Je ne subis aucune influence, madame.
MADAME BIENASSIS
Je le sais, monsieur le chef de division. Tous vos employés connaissent votre justice.
PICAUD
Alors vous n'avez plus rien à me dire?
MADAME BIENASSIS
Si je vous suppliais...
PICAUD
Ce serait inutile : j"ai des travaux urgents.
11 lui tourne le dos, s'assied à son bureau, et sonne. MADAME BIENASSIS.
Vous n'êtes pas galant, monsieur.
PICAUD
Ce n'est pas mon métier, madame. (Eiie son lememeni. .n
s"essuyantles yeux, pendant que Galardon, qui entre, la regarde avec élonni'munl.
Qui a introduit madame?
GALARDON
Ce n'est pas moi, monsieur le chef de division.
PICAUD
Je ne suis donc plus en sûreté chez moi.
GALARD ON
Je ne sais comment cela se fait.