‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 154 sur 307 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

PICAUD, seul.

J'étais calme, j'étais tranquille... j'avais pris mon parti d'un malheur que les plus habiles n'évitent pas. — Moi, d'ailleui's, on m'a trompé d'avance, — on m'a escompté, — je n'y suis pour rien. — Enfin, j'étais calme. Il n'était pas nécessaire de me rappeler que ma femme a des yeux... des mains... une taille... Je l'ai bien vu. Hier, quand je lui ai (ait comprendre que je savais tout, elle a rougi. — Quand les femmes sont coupables, elles rougissent, et quand elles rougissent, elles sont plus jolies, — c'est ce qui fait leur force. — Je sens bien que ce soir... je serai très bétc... Évidemment, je serai bêle. Et pourquoi? Parce qu'un crétin, un pur crétin a une voix de baryton et joue de la guitare... Il est irrésistible! ils son! tous irrésistibles! Il n'y a que moi... Il me faut un maire en écharpe à moi. Et encore!... voilà où j'en suis. Quand je pense que j'ai appelé ce monsieur Popaul ! — Bienassis, lui, qui n'est qu'un subordonné, le tuerait. Cette idée ne m'était pas venue. Si je tuais Popaul ! Cela me rendrait peut-être mon prestige. — Oui, oui, je commence à croire qu'un de nous est de trop sous le soleil, et je trouve que ce n'est pas moi. Je vais lui proposer un duel, un duel terrible ! au pistolet ! à deux pas... et je tirerai le premier.

m LE CHEF DE DIVISION

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