ACTE TKOISIÉMK
J'allai prendre l'air. En rentrant chez moi, je trouvai une lettre. Elle m'écrivait : « La vue de mon mari m'est devenue insupportable ; je vais à Saint-Nazaire attendre le paquebot d'Amérique. » Elle ajoutait en post-scriptum : «Vous m'avez perdue, suivez les inspirations de votre conscience. » Et elle me donnait l'heure du train. — Ma conscience me dirait de la suivre si elle n'allait qu'à Auteuil. — Mais en Amérique! J'aurais le mal de mer. Non! non! j'aime mieux que Picaud aille la chercher. Il est le mari, je le préviens, c'est à lui de partir. Mais tous ces événements me troublent. (n sonne.) L'éniotiou me donne de l'appétit. Singulier effet des larmes ! (a zuiéma qui entre par le fond.) Mademoiselle, pourricz-vous m'orfrir un verre de malaga?
Z ULÉMA *
Oui, monsieur!
BOURGUEIL
Pourriez- vous y joindic quelques biscuits"?
Très facilement.
IJOURGUEl^L.
Mademoiselle, de Reims, je les préfère.
z ULEMA, en sortant.
Ce doit êtie un parent.
BOURGUEIL
Quel scandale ! mon nom sera jirononcé. Je Vais devenir un héros de roman; je n'aime pas ça, moi. — Mais si, au contraire, j'aime assez ça.
* Bourgueil, Zuiéma.
ZL'LEMA, revenant avec un plateau qu'elle pose sur la table.
Voici, monsieur.
Elle sort par le fond à droite.
lîOURGUEIL, assis près de la table et se servant.
Merci, mademoiselle. 11 esl excellent, ce malaga. Picaud a de bon malaga, je noterai cela.