‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 163 sur 307 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

BOURGUEIL

Mais aussi, lu n'es pas raisonnable. Cela te t'ait du moins une position plus franche.

PICAUD

Il appelle cela une position franche 1 Et quel est l'auteur de cette catastrophe? — C'est toi.

BOURGUEIL

Picaud !

PICAUD

Parce que tu as une voix de baryton et que tu joues de la guitare! Où est-elle, ta guitare ?

BOURGUEIL

Mais je ne la porte pas sur moi. Gustave, tu es étonnant.

Et je te ménage 1 Je suis forcé de te manager, parce que je suis fonctionnaire. — Attends-moi cinq minutes.

Il entre dans son cabinet, à gauclie.

BOURGUEIL

Oij vas-tu. Gustave, où vas-tu? — Nouriit-il des projets sanguinaires? Je regrette de ne pas être parti pour l'Amérique. — S'il revenait avec un revolver!... Que lui opposerais-je? Tout, excepté ma poitrine, je n'aime pas les moyens violents, moi. J'aurai la migraine demain. Mais je lui dis d'être philosophe. Pourquoi ne veut-il pas être philosophe?

Je le suis bien, moi. (picaud rentre sombre et terrible. — Il a mis une

redingote.) Picaud, Picaud, que vas-tu taire ?

PICAUD *

C'est fait.

• Picaud, Bourgueil.

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