ACTE PREMIER
IIKNKIETTE.
11 me plaît beaucoup.
LUCIEN
Beaucoup ! c'est très grave, cela,
HENRIETTE
En quoi, grave ?
LL'CIEN.
Je me mêle de choses qui ne me regardent pas.
HENRIETTE
Tout te regarde, tu es mon aîné.
LUCIEN
Ah! oui, je l'oubliais. Eh bien! as-tu pensé quelquefois que tu pourrais aimer Verdeilhan ?
HENRIETTE
Oui, je l'aurais aimé, très certainement mais tu sais bien que je ne suis pas libre.
LUCIEN
Alors si tu étais libre?.. — S'il n'y avait pas eu de fossé derrière moi là-bas, quand nous nous sommes battus, si tu étais réellement veuve?
HENRIETTE
Tu me poses là des questions que je ne me suis jamais posées et que je ne me poserai jamais... A quoi bon! Ma destinée est ainsi faite que je ne peux plus ni aimer ni être aimée; je ne me révolte pas contre elle, je la subis courageusement. On ne peut pas m'en demander davantage.
LUCIEN
Non certes, on ne i>eut t'en demander davantage, non.
(MarcLanl avec agitation. — A part.) J'écrirai à GastOll UIIC Icltre
évasive. Nous nous brouillerons, elle ne saura jamais pourquoi et tout sera dit.
IIENUIETTE.
Qu "as-tu?
LUCIEN
Rien, rien. Voici M. Dominois. Il nous manquait, (oominois entre.) (a part.) Elle u'est pas couimodc à écrire cette lettre!