‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 191 sur 307 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

IIKNKIETTE.

11 me plaît beaucoup.

LUCIEN

Beaucoup ! c'est très grave, cela,

HENRIETTE

En quoi, grave ?

LL'CIEN.

Je me mêle de choses qui ne me regardent pas.

HENRIETTE

Tout te regarde, tu es mon aîné.

LUCIEN

Ah! oui, je l'oubliais. Eh bien! as-tu pensé quelquefois que tu pourrais aimer Verdeilhan ?

HENRIETTE

Oui, je l'aurais aimé, très certainement mais tu sais bien que je ne suis pas libre.

LUCIEN

Alors si tu étais libre?.. — S'il n'y avait pas eu de fossé derrière moi là-bas, quand nous nous sommes battus, si tu étais réellement veuve?

HENRIETTE

Tu me poses là des questions que je ne me suis jamais posées et que je ne me poserai jamais... A quoi bon! Ma destinée est ainsi faite que je ne peux plus ni aimer ni être aimée; je ne me révolte pas contre elle, je la subis courageusement. On ne peut pas m'en demander davantage.

LUCIEN

Non certes, on ne i>eut t'en demander davantage, non.

(MarcLanl avec agitation. — A part.) J'écrirai à GastOll UIIC Icltre

évasive. Nous nous brouillerons, elle ne saura jamais pourquoi et tout sera dit.

IIENUIETTE.

Qu "as-tu?

LUCIEN

Rien, rien. Voici M. Dominois. Il nous manquait, (oominois entre.) (a part.) Elle u'est pas couimodc à écrire cette lettre!

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