ACTE PREMIER
LUCIEN
Mais je reste un instant, (a part.) L'aniilié a ses devoirs, c'est dans le bail.
DOMINOIS.
Je voudi'ais vous adresser, à madame votre sœur et à vous, une question : oii en est la loi sur le divorce?
LUCIEN
Mais on en parle toujours beaucoup, mon cher monsieur Dominois.
DOMINOIS.
Je sais bien. A-t-elIe quelque chance de passer?
LUCIEN
Les avis sont partagés, monsieur Dominois.
DOMINOIS.
On m'a afflrmc qu'elle passerait à la Chambre.
LUCIEN
Mais au Sénat ?
DOMINOIS.
Ahl oui, au Sénat, il } aura du tirage, comme l'on dit.
LUCIEN
Peut-être bien.
DOMINOIS.
Combien avons-nous de sénateurs?
LUCIEN
Je l'ignore complètement.
HENRIETTE
Mais en quoi le divorce peul-il vous intéresser?
DOMINOIS.
Mon Dieu, nuidanie. je vais vous le dire. Ce n'est pas avec des amis comme vous que j'aurai des secrets. Voilà vingtdeux ans que je suis marié.
HENRIETTE
C'est très respectable.
DOMINOIS, sans conriction.
Oui!.. Vingt-deux ans que j'ai madame Dominoisl
LUCIEN
Eh bien, monsieur Douiinois?
DOMINOIS.
Eh bien, mon jeune ami, je trouve que c'est assez.
LUCIEN
Vous voulez divorcer 1
HENRIETTE
Vous voulez divorcer!
DOMINOIS.
Si on établit une loi sur le divorce, c'est bien pour (pi'elle serve à quelque chose, n'est-ce pas?
HENRIETTE
Et vous rappli(iueriez sans motif?
Comment, sans motif! Mais voilà vingt ans sur vingt-deux que je trouve madame Dominois insupportable.